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Le marché de dupes

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Vous payez en ce moment plus de 4 cents supplémentaires pour un litre d’essence à cause du marché du carbone entre le Québec et la Californie (dans lequel des entreprises polluantes doivent acheter des droits de polluer à d’autres entreprises plus propres, tout en refilant le coût aux consommateurs).

Le hic: après deux ans d’existence, le marché du carbone est un échec. Il n’a eu aucun effet sur la consommation d’essence des Québécois.

Or, cette «taxe verte» va augmenter et elle pourrait passer à 10 ou 15 cents le litre d’ici quatre ans, selon le professeur Pierre-Olivier Pineau, cité dans Le Soleil.

Pire encore: l’argent récolté par le gouvernement est déposé dans le Fonds vert, dont les politiciens se servent pour acheter des votes en subventionnant n’importe quoi, sans lien avec l’environnement (800 000 $ à Air Canada pour modifier les ailes de quatre avions, 6 millions $ pour un oléoduc transportant du pétrole...)

Si vous n’avez pas encore compris qu’on vous a subtilement enfoncé une taxe déguisée dans la gorge, je ne peux rien pour vous.

Donnons un break au contribuable

Les Québécois n’ont jamais autant consommé d’essence, selon Statistique Canada. En 2015, les ventes de camions ont dépassé, pour la première fois, celles de voitures au Québec, selon la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal.

Pourquoi? Ces camions sont non seulement de moins en moins gourmands, mais ils sont diablement pratiques pour transporter les enfants au hockey ou dévaliser le Costco. Ils sont aussi utiles pour éviter les bancs de neige l’hiver ou une «blessure au haut du corps» en roulant sur les nids-de-poule du Québec. Pour plusieurs familles, ce n’est pas un luxe, mais une nécessité. N’en déplaise à nos écolos de service.

On a tendance à l’oublier, mais les Canadiens payent déjà énormément de taxes à la pompe. À Montréal, quand le prix du litre d’essence est à 1 $, les automobilistes payent plus de 49 cents en taxes. La moitié! La «taxe carbone»? On la paye déjà.

Et devinez quoi? Selon certains, il faudrait que le prix du carbone augmente jusqu’à 200 $ la tonne pour faire une réelle différence pour l’environnement (le prix est à moins de 20 $ en ce moment). Cela voudrait dire, au minimum, 40 cents de plus pour un litre d’essence...

Tout ça, sachant que le Canada au complet n’émet que 1,6 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, comparativement à 13,9 % pour les États-Unis et 24,5 % pour la Chine. Ces efforts seront purement symboliques, servant d’abord à nous acheter une bonne conscience.

Baisse d’impôt ?

Il faut quand même faire quelque chose, dites-vous. Dans ce cas, faisons en sorte que la taxe carbone (ou le marché du carbone, puisque les effets sont similaires) soit efficace. Comment? Les coûts que cette taxe entraîne pour les consommateurs doivent être entièrement compensés par des baisses d’impôt ou d’une autre taxe, comme le fait la Colombie-Britannique.

Une famille doit payer 250 $ de plus par année à la station-service à cause de la taxe carbone? Donnez-lui 250 $ de crédit d’impôt à la fin de l’année. De cette façon, nous changerons nos comportements sans nous appauvrir, et sans donner un bar ouvert aux politiciens.

Autrement, c’est de l’hypocrisie déguisée en bonne intention.

Le contribuable moyen, surtaxé, a à cœur l’environnement. Mais si on arrêtait de le prendre pour un con, il serait plus motivé à faire sa part.