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En attendant l’«autre» remaniement, le PLQ s'excuse...

L'ex-ministre Sam Hamad - la réhabilitation qui ne viendra pas...
photo d’archives, simon clark L'ex-ministre Sam Hamad - la réhabilitation qui ne viendra pas...

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Aujourd’hui, à la surprise générale, le premier ministre canadien Justin Trudeau procède à un remaniement ministériel avant même que Philippe Couillard ne procède au sien à Québec.

En attendant l'«autre» remaniement, au gouvernement Couillard, les préparatifs dégagent néanmoins un drôle de parfum d'improvisation.

Avertissement : ce billet porte sur un sujet d’une absurdité telle qu’on ose à peine croire à sa véracité. Et pourtant, dans la catégorie «incroyable, mais vrai», ce sujet remporterait sûrement la palme du mois.

Hier soir, le Parti libéral du Québec s’est en effet vu forcé de s’excuser lui-même pour avoir sondé privément ses propres membres sur le niveau d’«éthique» de certains libéraux notoires, dont un de ses propres députés, l’ex-ministre déchu et ex-grand manitou de la région de Québec, Sam Hamad. Un sondage dont Cogeco avait obtenu copie.

Sur son fil twitter, le PLQ a en effet posté le message suivant :

«Le récent sondage interne du #PLQ a pour objectif de prendre le pouls de ses membres sur des enjeux de sa formation politique. Si des personnes y ont vu une atteinte à leur réputation, nous en sommes profondément désolés et nous nous en excusons.»

Wow. Un véritable objet de collection. Même le Bye Bye n'aurait pas pu inventer ça.

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Les amitiés politiques

Sur une note plus sérieuse, par quel bout prendre une histoire comme celle-là? C’est à y perdre son latin. Et pourtant, elle est le symptôme de problèmes bien réels.

Primo, c’est un énième indice montrant que le premier ministre Philippe Couillard se cherche encore et toujours un moyen de ramener son mouton noir, Sam Hamad, au sein du conseil des ministres.

D’autant plus qu’un remaniement ministériel est dans l’air à Québec. Et ce, d’ici peu.

Ici, le premier ministre semble aussi chercher à ne pas trop punir son allié des premiers jours de la course à la succession de Jean Charest. Question aussi de faire plaisir au maire de Québec, Régis Labeaume, lequel semble avoir beaucoup apprécié l’influence de M. Hamad dans sa région. Question également de tenter de combattre la montée de la CAQ dans la même dite région de la Capitale nationale.

Deuxio, considérant que le même sondage interne questionne également les membres du PLQ sur leur perception du niveau d’«éthique» d’autres libéraux notoires, dont Nathalie Normandeau (!) et Jean Charest (!), on y voit aussi un autre indice d'une inquiétude montante au gouvernement quant à son incapacité à se défaire du boulet de l’ère Charest sur le plan éthique.

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Encore le mauvais réflexe

Or, comme je l’ai déjà expliqué au printemps dernier en détails, soit ici et ici, sur plan éthique, le fait est que l’ex-président du Conseil du trésor, Sam Hamad, est brûlé politiquement. Point. Et ce, pour le reste du mandat du gouvernement.

Qu’après tous ces mois, le premier ministre ne le comprenne toujours pas est un phénomène qui échappe à l'entendement.

Bref, s'il devait commettre l'erreur de le ramener au cabinet envers et contre la sagesse la plus élémentaire, le recul du PLQ dans les sondages risquerait même de s'accentuer.

Conclusion: encore une fois, on voit que le réflexe du premier ministre est trop souvent de banaliser les questions d’éthique ou d’intégrité dès qu’il est question d’un membre de son gouvernement.

Procéder à un sondage interne pour mesurer les perceptions des libéraux sur cette question au lieu de la trancher lui-même en est une énième confirmation.

À moins de deux ans de la prochaine élection, il serait grandement temps que ça change.