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De la discothèque aux attentats

De la discothèque aux attentats

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La semaine dernière, nous vous faisions part d’un livre intriguant, mais oh combien révélateur  : Les revenants du grand reporter David Thomson (Seuil). Mieux qu’une tonne d’analyses en chambre, ce qui suppose loin du tumulte et plus encore, du travail sur le terrain, cette somme donnait la parole à ceux et celles qui sont revenus désenchantés, mais pas totalement repentis de leur croisade. Comme « l’ailleurs » est difficilement saisissable, le grand reporter Régis Le Sommier, certainement l’une des voix les plus éclairantes de ces années de plomb, a choisi de remonter la piste. Dans un style journalistique qui se rapproche beaucoup du roman policier, celui qui a côtoyé les champs de bataille de l’Irak, Afghanistan et Syrie retrace l’itinéraire de quelques mercenaires.


«  Votre tombeau sera notre tombeau »


Cette courte sentence empruntée au film Astérix et Cléopâtre était dans son contexte amusante, mais pas dans le cas présent. Bien au fait des multiples attentats et de leurs ramifications, Régis Le Sommier résume avec intelligence le parcours des jeunes, nés en sol européen qui après avoir vécu «  comme tout le monde » a fait le choix des armes. De Molenbeek (Belgique) à Charleroi, jusqu’aux sanglants attentats du Bataclan et Nice avec un détour par Palmyre et Raaqua, c’est plus ou moins le même procédé. Avec une tête forte (Abdelhamid Abaoud), certaines «  âmes perdues» parfois faibles se laissent entrainées avec comme seul motif` : la vengeance. De relais en amis, et n’oublions pas le sens de la fratrie, ces insaisissables pris comme des poissons dans une nasse ne pouvaient que commettre  le pire. Sans illusions, mais avec le sentiment de rage, nous repassons dans notre tête les évènements qui prennent avec ce récit, une autre tournure.

Malgré la porosité de notre système, les erreurs commises et les aléas d’une préparation souvent bancale, le mal fut fait. Il faudra s’y habituer , surtout avec le déclin de Daech : «  En 2014, l’avènement de l’État islamique s’était accompagné du déferlement d’une violence médiatique comme jamais auparavant. Chaque semaine, nous constations de quoi il était capable. Et nous étions abasourdis. À l’époque, cela se déroulait dans ce Moyen-Orient qui, depuis trente ans, charrie à intervalles réguliers son cortège d’abominations et d’injustices. La grande différence est qu’aujourd’hui, le déclin de l’État islamique menace directement notre quotidien. Comme si Daech, à son crépuscule, voulait entrainer le monde entier dans sa tombe ».