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De l’ADN de l’ADQ à la CAQ

Deltell
© Les archives Jean-François Desgagnés

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En 2011, je faisais partie du groupe des vingt premières personnes qui se sont levées afin de créer la Coalition avenir Québec. L’une des conséquences majeures de la venue de la CAQ fut celle de provoquer la dissolution, quelques mois plus tard, de l’Action démocratique du Québec (ADQ). L'exécutif du parti et les élus décidèrent majoritairement de se saborder pour se joindre au nouveau parti fondé par l’ancien ministre péquiste François Legault. Je me souviens des déchirements que cela avait provoqués chez bon nombre de militants et électeurs de la première heure de l’ADQ : sentiment de trahison et de perdre son parti. Certains se sentaient orphelins politiques, d’autres, bien que déçus, ont poursuivi à la CAQ.

Depuis quelques mois, la nostalgie semble frapper certains militants de droite; quelques-uns militent même pour un retour de Mario Dumont en politique active. Le principal intéressé a clairement fermé la porte à double tour, étant maintenant une figure de proue des médias québécois. Néanmoins, à écouter les commentaires de tout un chacun, on a l’impression qu’il ne reste rien de l’héritage du parti de Dumont. Or, il n’en est rien.

Ils ont fait leurs premières armes à l’ADQ

François Legault peut également compter sur des députés chevronnés provenant des rangs adéquistes.

Son homme de confiance et leader parlementaire, François Bonnardel (Granby) est un frappeur universel. Peu importe le dossier, vous pouvez l’envoyer devant le micro ou les caméras et il sera performant.

Le leader adjoint, Éric Caire (La Peltrie), est l’un des plus cinglants de l’Assemblée nationale. Député efficace, sa répartie est souvent très utile au parti quand la joute devient plus chaude.

Ne passons pas sous silence deux autres élus, un peu plus discrets, mais qui apportent beaucoup à l’intérieur du caucus et qui sont très présents dans leur comté : Marc Picard (Chutes-de-la-Chaudière) et Sébastien Schneeberger (Drummond–Bois-Francs). Ces deux-là en particulier, ont été pour moi des mentors et des amis lorsque j’ai eu le privilège de siéger à l’assemblée du peuple.

De profondes racines adéquistes à la CAQ

Autour de François Legault, il y a cinq employés qui forment son entourage.. Saviez-vous que trois de ces personnes ont fait leurs premières armes en politique avec l’ADQ ?

Le chef de cabinet du Leader parlementaire est Pierre Tremblay. Ce dernier fut recherchiste en finance et en économie, de 2007 à 2010, sous Mario Dumont et Gérard Deltell. Après avoir quitté ses fonctions en 2010 pour poursuivre d’autres engagements professionnels, cet homme de talent dirige le cabinet du leader François Bonnardel depuis 2014.

Le directeur des communications de la CAQ est Guillaume Simard-Leduc. Il a été un des fondateurs du Réseau liberté Québec, un groupe de réflexion et d’influence clairement orienté vers la droite. En 2011, sous Deltell, M. Simard-Leduc était l’attaché de presse des députés de l’aile parlementaire de l’ADQ, mandat qu’il a poursuivi sous la CAQ. Il est maintenant responsable des stratégies de communication du parti depuis un an.

Un recherchiste de longue date vient de graduer à la tête du service de recherche caquiste : Martin Plante. Cet homme discret, mais efficace, est apprécié de tous. Il a débuté sa carrière auprès de Sylvie Roy, en 2005, avant de devenir recherchiste à l’Assemblée nationale en 2007, rôle qu’il a poursuivi avec la CAQ jusqu’à la fin 2016. Notons au passage que c’est lui qui était au côté de Mme Roy, lorsqu’elle demandait sans relâche une commission d’enquête sur la construction, qui a finalement abouti à la commission Charbonneau. On vient récemment de lui confier le mandat de diriger ses anciens collègues. 

Message aux orphelins politiques

Vous trouverez toujours un ex-adéquiste qui dira que le la CAQ n'est pas suffisamment à droite, trop nationaliste, trop interventionniste, etc. C’est tout à fait normal. Je ne connais aucun parti qui puisse correspondre à 100 % de nos opinions. Cependant, j’ai la profonde conviction qu’il y a encore, à l’intérieur de la CAQ de l’ADN de L’ADQ. Certaines idées, jadis prônées par Dumont et Deltell, continuent à faire leur petit bonhomme de chemin. Employés, élus et militants poursuivent le développement de cette jeune formation politique. Ce que je constate cependant, à peine 5 ans après sa naissance, c’est que ce parti, la CAQ, s’est enrichi de personnes provenant d’autres horizons et c’est ce que l’on appelle : une Coalition.