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Démission de la présidente exigée

Plus de 600 cols bleus de Montréal réclament un vote de destitution contre leur chef controversée

Chantal Racette, entourée de ses avocats au palais de justice de Montréal hier, n’a pas voulu commenter sa condamnation.
Photo Chantal Poirier Chantal Racette, entourée de ses avocats au palais de justice de Montréal hier, n’a pas voulu commenter sa condamnation.

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Des centaines de cols bleus montréalais demandent la destitution de la controversée présidente de leur syndicat ainsi que de trois autres hauts gradés, a appris Le Journal.

Les jours de Chantal Racette à la tête des cols bleus pourraient être comptés.

Un membre du comité exécutif du local 301 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a déposé hier au bureau provincial qui chapeaute le syndicat une pétition signée par 663 cols bleus exigeant la tenue d’un vote officiel de destitution contre la présidente, le vice-président ainsi que le trésorier et l’archiviste.

«La présidente Racette gère le syndicat comme une dictature, c’est inacceptable. Il n’a fallu que trois jours pour recueillir plus de 600 signatures, et on n’a pas encore fini de faire le tour de tous les travailleurs. On veut du changement et ces gens veulent une nouvelle présidence», affirme Luc Bisson, membre de l’exécutif syndical qui a déposé la pétition.

Mme Racette a vécu une année tumultueuse en 2016 après avoir traité une juge de «crisse de folle», avoir fait installer des GPS sur la voiture de deux directeurs du syndicat et ensuite avoir perdu un vote de confiance symbolique en décembre. Sans compter ses déboires judiciaires.

Deux plaintes

La goutte qui a fait déborder le vase est venue vendredi dernier, quand Mme Racette a envoyé un communiqué interne convoquant tous les cols bleus à un nouveau vote de confiance «consultatif» demain.

Dans cet avis, elle indique que l’image d’un syndicat «divisé» aurait des conséquences «catastrophiques» sur d’éventuelles négociations, et invite l’ensemble des membres à venir montrer qu’ils sont «solidaires» et «unis».

«Il y a des membres qui n’ont pas reçu l’invitation au vote qui est dans deux jours et il va y avoir un vote sans contrôle où le résultat ne pourra être vérifié. Ce rallye est une perte de temps et d’argent totale [...] et il faut faire annuler ce rallye illégal», dénonce Claude Sauvé, un directeur syndical.

Celui-ci fait partie d’un groupe de 9 des 16 membres de l’exécutif qui ont envoyé deux plaintes aux instances nationales et québécoises du SCFP exigeant une «intervention immédiate» auprès du syndicat.

Selon nos sources, certains espèrent même que le «301» soit mis sous tutelle.

«Il faut absolument mettre fin à ce cirque et annuler ce faux vote, qui va totalement à l’encontre des statuts et règlements du syndicat», martèle M. Bisson, qui a rédigé la deuxième plainte.

Le SCFP-Québec a confirmé la réception des documents, mais n’a pas voulu commenter. Le porte-parole de la présidente Racette n’a pas rappelé Le Journal.