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L’autre 150e du PQ, une opération déjà réussie

Canada drapeau unifolié
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En observant l’acharnement d’un grand nombre d’éditorialistes et de chroniqueurs fédéralistes à dénigrer la réplique souverainiste québécoise, au 150e anniversaire de la Confédération canadienne, on en déduit que l’évènement orchestré par les péquistes titille solidement la classe fédéraliste. La volonté des uns à voiler les failles du pacte confédératif justifie d’autant le besoin des autres de faire la lumière sur ses limites.

Alain Dubuc ajoutait son grain de sel dans la Presse, ce matin, en prétendant que la stratégie péquiste s’assimilait à du « picossage » qui pourrait se revirer contre leur propre formation. L’éditorialiste y décrit un Canada qui ne soulève pas de passion au Québec et affirme que les fêtes du 150e laisseront les Québécois indifférents, d’où l’inutilité de rappeler les moments noirs de notre histoire. Il m’apparaît que le premier effet boomerang affecte plutôt tous les commentateurs qui s’ingénient à persiffler cet « autre 150e », car ils attirent encore plus notre attention sur les activités prévues par le PQ.

Cette diatribe autour de l’autre fête devient d’autant plus cocasse alors que les questions de bilinguisme et de langue française se révèlent épineuses pour l’image canadienne. Comme si ce n’était pas suffisant, le premier ministre Trudeau éjecte de son cabinet un ministre sénior qui était en quelque sorte le lieutenant des libéraux au Québec, faisant dire à certains que Québec aura encore moins l’oreille d’Ottawa pour l’avancement de ses dossiers.

Pendant que le gouvernement Trudeau se comporte en succursale des États-Unis avec le remaniement de son cabinet ministériel pour mieux faire les salamalecs devant le nouveau président étatsunien, le contentieux entre Québec et Ottawa s’alourdit. Après s’être fait le valet de pied des banques avec le projet de loi C29 qui aurait réduit la protection des consommateurs, n’eut été de la fronde du Bloc québécois, le premier ministre voudrait se rapprocher encore plus des ploutocrates à la Trump. Il ne faut donc pas se surprendre d’une certaine élasticité dans le respect du code d’éthique des élus, s’octroyant le privilège de faire payer pour qu’on puisse le rencontrer et se surprendre encore moins qu’il puisse prendre ses vacances sur une île privée à l’invitation d’un prince musulman milliardaire.

C’est le Canada de la honte que certains voudraient soustraire à un regard attentif pour continuer de nourrir l’illusion du « plus meilleur pays au monde » comme s’évertuait à nous le déclamer l’ex-premier ministre Chrétien. L’éditorial de Dubuc est particulièrement frappant parce qu’il nous révèle un pays sans âme sans qu’on veuille s’avouer cette évidence et encore moins son acculturation américaine à l’exclusion du Québec.

S’il est vrai que les Québécois n’aiment pas la chicane, cela ne constitue pas une raison pour les rendre amnésiques quant à leur passé et gagas quant à leur avenir.