/news/politics
Navigation

Les frais accessoires sont abolis, les médecins acculés au pied du mur

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
Photo Simon Clark Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Coup d'oeil sur cet article

Gaétan Barrette va de l’avant avec l’abolition des frais accessoires alors que l’impasse perdure avec les fédérations médicales, qui demandent à être compensées : certains types de soins pourraient ne plus être donnés en cabinet.

«Les médecins ne sont pas obligés d’avoir des cabinets. Les cabinets en fonctions vont continuer de voir des patients et de faire de la consultation, mais de là à faire des procédures à perte...», a lancé Diane Francœur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes, mercredi lors d’une conférence téléphonique.

Au matin, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a annoncé par communiqué la publication du règlement abolissant les frais accessoires. Dès le 26 janvier, tous les frais qui concernent des services assurés et qui allaient dans les poches des médecins disparaîtront. Cela inclut par exemple des gouttes ophtalmiques, des prélèvements sanguins ou des soins comme une vasectomie ou des examens en imagerie en résonance magnétique.

Pour les premiers, les fédérations médicales acceptent d’éponger la facture, mais pour les seconds, ils exigent un rehaussement des paiements de la RAMQ pour compenser l’achat de matériel lourd nécessaire pour la pratique médicale. Ils concernent surtout les médecins spécialistes. «On va payer pour les activités reliées à la consultation médicale, mais nous ne paierons pas pour les équipements lourds», dit Mme Francœur.

Mme Francœur s’en prend par ailleurs à Gaétan Barrette, qui «improvise» depuis le début et qui met les médecins devant le fait accompli. «On l’a appris comme tout le monde ce matin dans les communications du ministre», a-t-elle lancé. Elle dénonce ses tactiques «d’intimidations», empruntées au «nouveau président américain, qui rend cette méthode de gestion populaire». Elle souhaite négocier avec M. Barrette, mais n’a pas l’oreille du ministre.

Du côté de la fédération des médecins omnipraticiens du Québec, on affirme qu’il n’y a actuellement aucune négociation avec Québec. L’organisme propose de payer à même son enveloppe salariale pour les vasectomies, par exemple, mais souhaite signer une entente pour confirmer cette solution avant le 26 janvier.

Du côté du ministère de la Santé, on soutient avoir mis en place des mesures de transitions pour éviter le cul-de-sac pour les patients, comme un investissement de 21 M$ afin d’augmenter le nombre d’examens diagnostiques dans le réseau public. On cite en exemple une cible de 46 500 examens sup0plémentaires en imagerie en résonance magnétique.

Le Journal a toutefois révélé en décembre que plusieurs types de soins sont déjà menacés dans ce bras de fer entre Québec et les médecins. L’Institut de physiatrie du Québec (IPQ) a cessé de prendre des rendez-vous. «C’est pour les patients référés pour des injections en salle fluoroscopique. On charge entre 200 $ et 250 $ par patient. Si je vois 20 patients dans une journée, ça équivaut à 4000 $. Je ne paierai pas pour travailler», affirmait le Dr Marc Filiatrault, physiatre à l’IPQ.

Même constat dans le domaine de la gastroentérologie, où les patients doivent présentement payer 500 $ pour une colonoscopie.

Exemple de frais qui vont disparaître :

  • Examens physiques effectués par un médecin
  • Vaccination pour les enfants
  • Radiographies simples, mammographies et échographies effectuées par un radiologiste
  • Gouttes oculaires, extraction de cataracte et divers examens de l'œil
  • Infiltration articulaire
  • Vasectomies
  • Plâtres de base et attelles
  • Pose d'un stérilet (l’achat du stérilet doit être fait en pharmacie)