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Occasion manquée

Le conseiller Yvon Bussières.
Photo d'archives, Daniel Mallard Le conseiller Yvon Bussières.

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Le maire Jean-Paul L’Allier répétait souvent que «seul on peut aller plus vite, mais ensemble on peut aller plus loin». De sages paroles qui n’ont visiblement pas guidé le conseiller Yvon Bussières dans sa décision de siéger désormais comme indépendant.

Quel pavé dans la mare de l’opposition que cette décision, rendue publique la semaine dernière! La désertion de M. Bussières, doyen du conseil, vient à coup sûr fragiliser une opposition déjà si faible en nombre, à huit mois de la campagne électorale. Et la placer dans une position encore plus précaire.

Je peux comprendre que M. Bussières ait eu envie, pour terminer sa carrière politique, de se dégager des nombreuses heures qu’exige le fait d’être membre d’un parti politique municipal: caucus, réunions du conseil d’administration, étude des dossiers, préparation des conférences de presse, et j’en passe.

M. Bussières laisse entendre qu’il pourrait revenir aux prochaines élections, toujours comme indépendant, et que ce sera aux citoyens de décider. Permettez-moi d’en douter à la lumière de nos précédentes discussions, mais bon, l’avenir le dira.

D’un autre côté, ce conseiller d’expérience – il entame sa 24e année à titre de conseiller élu – aurait pu servir de figure de proue pour le parti, en vue des prochaines élections. Il aurait pu contribuer de façon certaine à faire élire d’autres candidats pour Démocratie Québec, dans son district notamment, s’il choisissait de se retirer.

Vision idéaliste

Encore incrédule, j’ai parlé à M. Bussières mardi, pour en savoir plus sur ses motivations. Se serait-il chicané avec quelqu’un à l’interne? Aurait-il pris la même décision si le chef avait été François Marchand? Il maintient que ce n’est pas le cas, qu’il était en bons termes, qu’Anne Guérette a fait un très bon travail lors de la course à la chefferie, qu’il a confiance en ses moyens et qu’elle est très bien entourée, etc.

M. Bussières y va plutôt d’un discours idéaliste, même s’il s’en défend, en affirmant qu’il faut que la dynamique change au conseil municipal, et que ça pourrait se faire à travers la voix d’indépendants.

Un point de vue que réfute Conrad Verret, qui fut conseiller municipal indépendant pendant quatre ans, à Sainte-Foy, où il était à l’époque tout aussi difficile de trouver un candidat qui puisse affronter la puissante mairesse Boucher. M. Verret a ensuite fait le saut avec le Renouveau municipal de Québec, de 2005 à 2009. Il est toujours impliqué auprès de Démocratie Québec.

À son avis, rien ne peut remplacer la force d’une équipe pour développer une vision globale de la ville. C’est aussi M. Verret qui a cité le maire L’Allier sur l’importance du travail d’équipe, sur la page Facebook de M. Bussières. Il se dit très déçu de la décision du conseiller, bien qu’il puisse comprendre son souhait de se retirer de la vie politique plus en douceur.

Un drôle de message

Mais comme s’est évertué à le répéter M. Bussières, avant et pendant la course à la chefferie de son parti, où il agissait comme chef intérimaire, en cette année électorale, l’opposition a plus que jamais besoin d’être unie et non divisée. C’est donc un bien drôle de message qu’envoie le conseiller.

La nouvelle chef avait déjà fort à faire, en 2017, pour offrir une alternative efficace à la toute puissante machine d’Équipe Labeaume. Elle n’avait certainement pas besoin de ça.