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Que contient le fameux dossier secret au sujet des informations compromettantes sur Donald Trump ? Voici 11 éléments de réponse

Trump slams leaks alleging compromising info in Russia hands
AFP

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Bombe mardi soir, quelques heures avant le discours d’adieu du président sortant Barack Obama: la Russie détiendrait des informations compromettantes à propos de Donald Trump.

Assez pour en faire un «konpromat»: l’art très subtil développé par les Russes du chantage par compromission. La technique a été développée et raffinée par le KGB, à l’époque soviétique. Exemple: un diplomate occidental qui tombe sous le charme de la belle espionne russe.

C’est CNN qui a annoncé en premier l’existence d’un dossier compilant des mémos des services de renseignement américains qui faisait état de ces informations. D’autres médias, comme les chaînes ABC et CBS, ont emboîté le pas.

Puis le site BuzzFeed News a mis en ligne l’intégralité du dossier.

Le dossier de 35 pages fait écho aux informations transmises par un ancien agent du service de contre-espionnage britannique MI-6, engagé par des rivaux de Donald Trump pour rassembler des informations contre lui, selon CNN.

Ces informations n’ont rien de neuf à Washington: elles y circulent dans les cercles politiques, diplomatiques et de renseignement depuis plusieurs mois. Elles ont cependant été regroupées dans un seul et même dossier récemment.

Le sénateur républicain de l’Arizona, John McCain, l’a notamment transmis en copie complète au directeur du FBI, James Comey, le 9 décembre dernier, selon CNN. Toutefois, la police fédérale possédait déjà nombre des documents du dossier.

À noter qu’aucune des informations n’a été vérifiée par des sources officielles, même si les renseignements américains jugent la source parfaitement crédible. Certains mémos contiennent même des erreurs factuelles (comme des noms d’entreprises mal épelés ou des caractéristiques de certains quartiers de la banlieue de Moscou).

La publication intégrale du dossier sans vérification par BuzzFeed a d'ailleurs fortement été critiquée par les médias traditionnels, une pratique qui va à l'encontre de l'éthique journalistique primaire.

Tant Trump qu’Obama en ont reçu une copie abrégée, affirme CNN. Mais le réseau NBC soutient que l'équipe Trump n'a jamais été contactée par les services secrets à ce sujet..

Trump slams leaks alleging compromising info in Russia hands
Compte Twitter Donald Trump



Les réseaux sociaux se sont emballés mardi soir à ce sujet, notamment avec le mot-clic #goldenshower, rapidement devenu viral.


Mais que contient ce fameux dossier ?

Maintenant qu'il est de notoriété publique, tentons de départager le vrai du faux, le possible de l'invraisemblable. Ce qui suit est réservé aux 18 ans et plus...
 

# Les services secrets russes pousseraient très fort, depuis au moins 2011, pour la candidature de Donald Trump à la présidence américaine. À noter que c’est à partir de cette période que le magnat de l’immobilier, de réputation plus proche des démocrates que des Born Again Christians républicains, a commencé sa campagne mettant en doute la réelle origine du président Obama, un appui aux «birthers», qui doutaient que leur président soit né aux États-Unis, malgré les évidences.

 

# Les services secrets russes fourniraient en informations sensibles l’équipe de Donald Trump au sujet des démocrates, notamment de Hillary Clinton, depuis plusieurs années.

 

# Le Kremlin et l’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, collaboreraient depuis longtemps, afin de s’assurer de la défaite d’Hillary Clinton. L'information selon laquelle Manafort a souvent eu des relations avec des responsables russes a souvent circulé ces derniers mois, rien de nouveau, donc.


 

# Selon les prétentions de la source, en échange de la divulgation à Wikileaks d’informations sur le Comité national démocrate obtenues par des actes de piratages, l’organisation de Trump s’engageait à ne pas faire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie un élément de campagne.



# Les Russes avaient compris que les coulages de Wikileaks permettaient à l’équipe de Trump de faire diversion loin des sujets compromettants pour Trump, comme ses pots-de-vin et autres actes de corruption en Chine et dans d’autres marchés émergents.



# Le conseiller de Trump en matière de sécurité nationale aurait rencontré secrètement de hauts responsables du Kremlin.

 



# L’avocat de Donald Trump, Michael Cohen, aurait tenu des rencontres secrètes à Prague avec de hauts responsables du Kremlin en août 2016. (Mais selon de hauts responsables américains, il s'agirait d'un autre Michael Cohen, détenant un passeport d'un autre pays, rapportait CNN, mercredi matin.)



# L’ancien président ukrainien pro-Russie, déchu en 2014, aurait confié à Vladimir Poutine avoir versé d’importantes contributions au directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort. Homme fort de la campagne du milliardaire entre mars et août 2016, il a été consultant pour l’ex-président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch, ce qui a d’ailleurs entraîné son départ de l’équipe Trump: il est mis en cause dans une enquête de corruption en Ukraine, soupçonné d’avoir touché des millions de dollars en liquide entre 2007 et 2012. Il a également travaillé pour des oligarques russes proches de Poutine.

 



# Donald Trump aurait souvent payé des pots-de-vin et commandé les services de prostituées à Saint-Pétersbourg.



# Le conseiller de Trump Carter Page aurait promis à un proche de Poutine que si Trump était élu, les sanctions américaines contre la Russie seraient levées.



# Et finalement, le clou du spectacle, l'affaire qui a enflammé le web mardi soir: Trump aurait payé des prostituées pour exercer la pratique sexuelle du «golden shower», dans le même lit du Ritz de Moscou où ont dormi les Obama lors de leurs séjours en visite officielle en Russie. Une vidéo aurait même été créée par les services secrets russes, qui avaient «planté» la célèbre chambre avant sa location par le désormais président désigné des États-Unis d’Amérique.