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Trump: cinquante nuances de jaune

On dirait un mauvais roman d’espionnage...

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Photo AFP

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On dirait un mauvais roman d’espionnage.

Tout y est: l’argent, le pouvoir, des prostituées, des caméras cachées, des agents russes et britanniques.

Et même des «pratiques sexuelles débridées, impliquant des fluides corporels», comme le disait avec tact Pierre-Olivier Zappa à LCN hier matin.

Ne manque plus qu’une jolie espionne chinoise, et on se croirait dans un vieux IXE-13.

On savait que Donald Trump aimait le doré, mais à ce point?

LA RÉALITÉ DÉPASSE LA FICTION

Fabienne Larouche raconterait une histoire du genre dans une de ses séries, et tout le monde dirait: «Woah, woah, capitaine!»

Quelque chose me dit que les prochaines années seront extrêmement «distrayantes», comme dirait René Homier-Roy. Si le présent est garant de l’avenir, Trump risque de pousser tous les scénaristes américains au chômage!

En effet, même leur plus folle imagination ne pourra concurrencer la réalité.

Ce n’est plus HBO qu’il faudra regarder pour avoir notre dose quotidienne d’intrigues, de chocs et de divertissement, mais CNN.

Vous avez vu la conférence de presse de Trump hier? On aurait dit le Bye Bye avec des gags!

«Je serai le plus grand créateur d’emplois que Dieu a jamais créé...»

«Cette histoire est fausse, car j’ai peur des microbes!»

«Les gens s’en foutent de savoir si j’ai payé mes impôts...»

Et, au journaliste de CNN qui voulait lui poser une question: «Your organization is terrible, you are fake news!»

À côté de ça, la série House of Cards est aussi passionnante que les vieux intermèdes qu’on diffusait à Radio-Canada.

MENACES DE CHANTAGE ?

Si (et je dis bien si) Donald Trump s’est en effet payé un spectacle aquatique privé dans une suite du Ritz de Moscou, c’est un sérieux manque de jugement.

Pas besoin d’être un génie et d’avoir lu l’œuvre complète de John Le Carré pour présumer que les suites royales des hôtels de Moscou sont sur écoute!

Que le gars joue à Esther Williams avec deux péripatéticiennes majeures et botoxées qu’il paie en liquide, c’est son affaire.

Après tout, Bill avait bien ses cigares!

Mais qu’un des hommes d’affaires les plus puissants des États-Unis se mette en position (excusez le mauvais jeu de mots) d’être victime de chantage par une puissance étrangère qui a tout intérêt à faire couler (désolé encore) cette histoire, c’est une autre paire de manches.

Il a pris beaucoup trop de risques («Il s’est mouillé», comme le dit l’expression populaire).

Obama doit rire jaune.

MALÉDICTION CHINOISE

Avec l’arrivée de Trump, la scène politique américaine, pour ne pas dire mondiale, va ressembler à une télénovela.

La capitale des États-Unis va devenir aussi bling-bling et vulgaire que Vegas. Le président inviterait un imitateur d’Elvis à chanter à son party d’investiture que ça ne me surprendrait pas.

Si j’étais propriétaire d’une station de télé, je crois que j’embaucherais Mado Lamothe comme correspondante à Washington.

Vous savez quelle est la plus grande malédiction que peut vous lancer un Chinois?

«Puissiez-vous vivre à une époque intéressante.»

Eh bien, on y est. Les quatre prochaines années seront très intéressantes.

Souhaitons-nous bonne chance.