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«La bataille de ma vie»

Josée Bouchard quitte après avoir gagné son combat contre l’abolition des élections scolaires

«Avec la victoire qu’on a eue cette année [le maintien des élections scolaires], ça demandait de l’expérience, mais aussi beaucoup d’abnégation. Ç’a été la bataille de ma vie. J’ai le sentiment que j’ai fait ce que j’avais à faire et qu’après tant d’années, c’est le temps de penser à moi», dit Josée Bouchard.
Photo Didier Debusschère «Avec la victoire qu’on a eue cette année [le maintien des élections scolaires], ça demandait de l’expérience, mais aussi beaucoup d’abnégation. Ç’a été la bataille de ma vie. J’ai le sentiment que j’ai fait ce que j’avais à faire et qu’après tant d’années, c’est le temps de penser à moi», dit Josée Bouchard.

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La cloche sonnera bientôt pour Josée Bouchard, qui tirera sa révérence en juin après avoir été présidente de la Fédération des commissions scolaires pendant huit ans. Le Journal l’a rencontrée afin de faire le point sur les batailles perdues et gagnées, de même que sur les changements à venir en éducation.

Il y a beaucoup de changements attendus en éducation cette année, après les consultations qui se sont déroulées à l’automne. Pourquoi avoir décidé de partir maintenant?

J’ai fait le point, durant la dernière année, sur ma propre vie. J’ai 58 ans, je suis impliquée en éducation depuis 1990, d’abord comme parent, ensuite comme élue quatre ans plus tard [...] Avec la victoire qu’on a eue cette année [le maintien des élections scolaires], ça demandait de l’expérience, mais aussi beaucoup d’abnégation. Ç’a été la bataille de ma vie. J’ai le sentiment que j’ai fait ce que j’avais à faire et qu’après tant d’années, c’est le temps de penser à moi.

«Avec la victoire qu’on a eue cette année [le maintien des élections scolaires], ça demandait de l’expérience, mais aussi beaucoup d’abnégation. Ç’a été la bataille de ma vie. J’ai le sentiment que j’ai fait ce que j’avais à faire et qu’après tant d’années, c’est le temps de penser à moi», dit Josée Bouchard.
Photo Didier Debusschère

Est-ce que vous êtes intéressée par une autre forme d’implication politique?

Je vais dire non à ça, même si je suis sollicitée à toutes les campagnes électorales. Mais je veux retrouver une vie personnelle plus équilibrée, et la politique, ce n’est pas ce qu’elle offre. C’est non.

Vous avez dit que le maintien des élections scolaires, que le gouvernement Couillard a d’abord voulu abolir, a été «la bataille de votre vie». Est-ce que vous considérez que c’est votre plus grande réalisation?

C’est sûrement une des grandes réalisations, que je ne m’attribue pas à moi toute seule, bien sûr. [...] Sauver une démocratie, ce n’est pas rien! Il y a des gens qui vivent sous des dictatures; ici, on avait même l’idée de se payer le luxe de se priver d’une démocratie. Faire en sorte que chaque population puisse encore prendre ses décisions en éducation, c’est un héritage extraordinaire. On a aussi bloqué une autre vague de fusions qui était dans l’air, qui était en train de diviser les gens sur le terrain.

«Avec la victoire qu’on a eue cette année [le maintien des élections scolaires], ça demandait de l’expérience, mais aussi beaucoup d’abnégation. Ç’a été la bataille de ma vie. J’ai le sentiment que j’ai fait ce que j’avais à faire et qu’après tant d’années, c’est le temps de penser à moi», dit Josée Bouchard.
Photo Didier Debusschère

À l’opposé, quel est votre plus grand échec ou regret?

De ne pas avoir réussi à faire comprendre qu’on ne valorisera pas l’éducation en répondant aux problèmes à la petite semaine, selon la saveur du jour. Je l’ai répété pendant huit ans à huit ministres de l’Éducation, mais c’est plus fort qu’eux, ça se répète. Et bien qu’on ait gagné la plus grande bataille, on n’a pas encore réussi à convaincre les gouvernements que, s’ils ne veulent plus nous reprocher le faible taux de participation aux élections scolaires, il faut qu’ils se donnent la peine que ça marche, avec des mesures comme des élections conjointes avec le municipal ou encore le vote électronique.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a promis une première politique sur la réussite éducative, ce printemps, afin d’améliorer la réussite des élèves. Par où faut-il commencer?

À la petite enfance. [...] Il faut s’appuyer sur les données probantes et ça semble assez unanime dans la recherche en éducation: dès qu’on intervient dès la petite enfance, on se donne toutes les chances pour faire réussir davantage les jeunes. La maternelle à 4 ans fait la différence pour les jeunes qui ont vraiment de la difficulté ou qui proviennent de milieux défavorisés où il y a vraiment des carences. On pense qu’il faut mettre la priorité là-dessus.

«Avec la victoire qu’on a eue cette année [le maintien des élections scolaires], ça demandait de l’expérience, mais aussi beaucoup d’abnégation. Ç’a été la bataille de ma vie. J’ai le sentiment que j’ai fait ce que j’avais à faire et qu’après tant d’années, c’est le temps de penser à moi», dit Josée Bouchard.
Photo Didier Debusschère

Après avoir connu huit ministres en huit ans, pensez-vous qu’on est sur la bonne voie?

On est sur une bonne lancée. On a besoin de ministres qui sont capables d’être proches du terrain, qui sont ouverts et capables d’avoir une vraie réflexion sur l’éducation et de défendre cette vision au Conseil des ministres et au Conseil du trésor.