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L’accusé était traité pour anxiété et avait des problèmes d’alcool

L’accusé était traité pour anxiété et avait des problèmes d’alcool
Photo tirée de Facebook

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Sous l’effet de l’alcool lors de l’attaque, le présumé auteur de la fusillade à la mosquée de Québec consommait aussi des antidépresseurs. Si elles avaient été divulguées aux autorités, ces informations l’auraient empêché d’obtenir un permis de possession d’arme à autorisation restreinte ou en auraient entraîné la révocation.

Lors de son arrestation, Alexandre Bissonnette était en possession d’un pistolet 9mm dûment enregistré. C’est la première fois qu’une arme légalement acquise sert à un tel carnage dans la province.

Pour obtenir son permis, comme tout demandeur, le jeune homme de 27 ans a d’ailleurs dû passer à travers un processus de vérification exhaustif établi par la loi. Il a ainsi dû rencontrer un policier, identifier deux répondants et fournir des informations sur son état de santé et son comportement.

«Les personnes identifiées comme répondantes de tout demandeur sont systématiquement contactées», explique Martine Asselin, porte-parole de la Sûreté du Québec, sans toutefois pouvoir s’étendre sur le cas de Bissonnette. Les conjoints ou ex-conjoints sont aussi toujours contactés.

Entourage questionné

Chaque fois, on s’assure que ces personnes peuvent parler librement et en l’absence du demandeur concerné, précise la lieutenante Asselin. On leur demande alors, notamment, s’ils ont des inquiétudes sur l’état mental du demandeur, sur ses agissements ou sur son entourage.

Quant au demandeur lui-même, outre ses antécédents judiciaires, il doit divulguer sur un formulaire s’il a déjà eu des problèmes de consommation d’alcool, de dépression ou des pensées suicidaires.

En de tels cas, on peut exiger du demandeur qu’il produise son dossier médical. «S’il refuse, le permis ne sera pas donné», souligne la lieutenante Asselin.

Le demandeur doit aussi dévoiler s’il a été impliqué dans des incidents, même s’ils n’ont pas mené à des accusations, comme une banale chicane de voisins.

De toute façon, de tels événements seront relevés lors des vérifications menées auprès du Centre de renseignements policiers du Québec.

La SQ pousse les vérifications jusque sur les réseaux sociaux lorsque la moindre préoccupation apparaît dans un dossier ou si la demande concerne un fusil d’assaut.

Selon nos sources, lorsque Bissonnette a fait une demande de permis pour arme à autorisation restreinte il y a à peine deux ans, personne n’a émis de réserves parmi les gens contactés à l’époque, dont son père.

Personne de son entourage n’aurait non plus signalé aux autorités la détérioration de son état par la suite, même s'il était désormais traité pour anxiété et avait développé des problèmes d'alcool, selon nos informations.

Même chose du côté de membres de son club de tir, qui ont dit avoir trouvé Bissonnette «bizarre», sans pour autant penser à alerter les policiers.

Fait méconnu, la SQ offre précisément une «Ligne préoccupation», qui permet aux gens de signaler toute inquiétude au sujet d’un détenteur de permis d'armes à feu en composant le 1 800 731-4000.