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Le moral des entrepreneurs à son plus haut à Québec

Les dirigeants d’entreprises de la Vieille Capitale font preuve d’optimisme

Bien que l’incertitude face aux États-Unis soit un élément important dans la planification des entreprises exportatrices, le moral reste à la hausse chez les entrepreneurs de Québec, affirme Carl Viel, PDG de Québec International (à droite). À gauche, on voit Caroline Roy de Léger Marketing lors de la présentation de jeudi.
Photo Didier Debusschère Bien que l’incertitude face aux États-Unis soit un élément important dans la planification des entreprises exportatrices, le moral reste à la hausse chez les entrepreneurs de Québec, affirme Carl Viel, PDG de Québec International (à droite). À gauche, on voit Caroline Roy de Léger Marketing lors de la présentation de jeudi.

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L’optimisme des dirigeants d’entreprise de Québec est à son plus haut niveau depuis trois ans. Près 82 % d’entre eux croient en effet que leurs ventes augmenteront en 2017, malgré certaines inquiétudes vis-à-vis notamment les mesures protectionnistes américaines.

Comme c’est la tradition chaque année, Québec International a dévoilé jeudi l’indice de confiance des entrepreneurs, préparé par Léger.

On a beau avoir confiance et espérer que les ventes seront au rendez-vous, mais entre le dire et le faire, il y a la mer. Or, en juxtaposant la courbe des perceptions avec celle des résultats enregistrés par le PIB pour l’année correspondante, on réalise que les dirigeants d’entreprise ont du flair puisque les deux projections sont quasi identiques.

Bref, si les dirigeants d’entreprise sont optimistes, c’est qu’ils ont raison de l’être, laisse entendre Carl Viel, PDG de Québec International. «Ce qui est intéressant pour nous, c’est qu’on est capable de faire un parallèle entre la perception des chefs d’entreprise et la réalité. On voit que la croissance est là», a-t-il dit.

Sur les 225 dirigeants d’entreprise ayant pris part à ce sondage réalisé sur internet du 23 novembre au 19 décembre 2016, 74 % des dirigeants affirment que leur carnet de commandes est aussi bien rempli sinon mieux que celui de l’année précédente.

«Ce que ça vient dire, c’est que les entreprises sont compétitives et elles font le plein de leur carnet de commandes. Cela va les aider dans leur croissance pour 2017», a ajouté M. Viel.

Diversification des marchés

Selon le sondage, près de 74 % des dirigeants prévoient investir dans leur entreprise, ce qui est supérieur à 2016. Cette croissance réjouit le PDG de Québec International puisqu’elle risque de contribuer à améliorer la compétitivité des entreprises à l’échelle internationale.

D’ailleurs, plus d’entreprises ont diversifié leurs marchés hors Québec en 2016. Les mesures protectionnistes américaines viennent ajouter une ombre au tableau, car 28 % des répondants ont identifié cet enjeu comme un obstacle potentiel à leur croissance, après le recrutement de la main-d’œuvre qui reste une préoccupation dans la région.

Entreprises de Québec - Répartition moyenne des ventes en 2016

  • Québec 58%
  • Reste du Canada 13%
  • États-Unis 16%
  • Europe 6%
  • Asie 5%
  • Ailleurs dans le monde 2%

Région - Recrutement de main-d’œuvre difficile

Pour 2017, les dirigeants d’entreprise de Québec sont en mode expansion. Ils ont l’intention d’investir, d’embaucher et de développer leurs marchés, mais ils font face à un obstacle: l’emploi croît plus rapidement que la population active. Pour Caroline Roy, vice-présidente recherche, bureau de Québec chez Léger, le défi de la main-d’œuvre reste une réelle préoccupation chez les dirigeants d’entreprise.

Avec neuf travailleurs qui entrent sur le marché du travail pour combler dix départs à la retraite, on constate que l’emploi croît plus rapidement que la population active, quels sont les impacts?

R : «Pour 55 % des dirigeants d’entreprise, qui affirment avoir de la difficulté à recruter, c’est une entrave à la croissance. Cette proportion était de 49 % l’an dernier, c’est donc une hausse de 6 points de pourcentage. Il faut y voir. Ça fait plusieurs années qu’on le dit, mais là, c’est palpable sur le terrain.»

De quel type de main-d’œuvre les entreprises ont-elles besoin?

R : «Les dirigeants craignent d’avoir de la difficulté à combler des postes plus spécialisés. On constate avec le sondage que les entreprises font beaucoup de recherche et développement. Elles veulent conquérir de nouveaux marchés. Donc, elles sont à la recherche d’une autre expertise et c’est cette expertise qui semble difficile à combler.»

Est-ce qu’il s’agit d’un phénomène unique à Québec?

R: «Assurément que non, c’est un problème qui touche l’ensemble du Québec. Avec le vieillissement de la population, la croissance de l’emploi par rapport à la population active, il faut vraiment s’y attarder.»