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Quand Mario Dumont défend la radio de Québec à la radio de Montréal

Mario Dumont
Photo Sébastien St-Jean Mario Dumont

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L’animateur et chroniqueur Mario Dumont a qualifié de «honte» et de «fumée nauséabonde qui flotte sur Montréal» les médias et les gens qui ont fait le procès de la radio dite «poubelle» de Québec, en marge de la tuerie qui a fait six morts à la grande mosquée de Québec.

Dans son segment avec Pierre Curzi dans l’émission de Paul Arcand au 98,5 FM, il a ont débattu du sujet. 

Si M. Curzi soutient que certaines radios de la Vieille Capitale entretiennent un discours qui suscite la «méfiance» de la population envers les étrangers et que les animateurs tiennent des «propos méprisants» et «réducteurs», Mario Dumont rejette les «analyses poubelle» effectuées et croit que «généraliser comme ça, de faire l’amalgame, c’est une façon de blâmer l’ensemble de la population de Québec qui, par ricochet, écoute forcément» la radio.

Voici quelques-unes des citations de Mario Dumont :

«Quand on vise les radios de Québec, on ne vise pas les radios de Québec, on vise le monde de Québec. On vise la population. On vise les gens de Québec qui les écoutent.»

«Les gens de Québec sont éplorés, ils vivent une tragédie absolument épouvantable. Personne pas même le plus de mauvaise foi de tous les commentateurs s’est demandé: Richard Henry Bain qu’est-ce qu’il lisait? On ne s’est pas posé cette question-là. On a pris l’acte, un acte terroriste contre un parti politique, contre la première ministre pis on l’a pris pour ce que c’était.»

«La radio de Québec est aussi variée que celle de Montréal!»

«À Montréal, on trouve que le monde de Québec ne va pas bien, ils n’écoutent pas les bonnes affaires, pis là, il leur arrive ça pis là, le sous-entendu et j’ose le dire, c’est que: Ben, ils n’ont pas couru après, mais quasiment! Regardez ce qui leur arrive... C’est épouvantable! C’est ça qui s’est fait cette semaine. C’est ça qui s’est fait dans certains médias!»

«Marc Lépine écoutait quoi à la radio à Montréal? On le sait-tu?»

«Il y a eu un redécoupage des circonscriptions, mais avant ça, avant le redécoupage, le lieu précis où il y avait la mosquée, le député, c’était Sam Hamad, député d’origine syrienne. Lui, il s’est présenté avec son accent parce que tu le sais il n’est pas né à Québec. Il s’est présenté et les gens l’ont élu et réélu. Ça, c’est le monde de Québec. Ce sont des gens de Québec qui ont fait ça. Cette idée ou cette image qu’à Québec, il n’y a pas de diversité d’opinion, qu’il n’y a pas de diversité de radio, c’est un préjugé horrible...»

«Quand la ville de Québec est éplorée par la mort, par une fusillade, je ne peux pas croire qu’on aille là! Je ne peux pas croire que les médias montréalais cette semaine, on se soit épanchés là-dessus. Je trouve ça innommable.»

Pierre Curzi
Mario Dumont
Photo d'archives, Stevens Leblanc

Voici quelques citations de Pierre Curzi :

«Il y a un ensemble de radios privées qui rejoignent beaucoup de monde. On parle de 300 000 personnes à peu près dans la région de Québec. Ce sont des gens qui sont ciblés par ces radios-là, parce que ce sont des gens qui alimentent le commerce et ça donne donc des gens qui font des annonces dans la radio privée et c’est ce public-là à la radio de Québec qui est visé. Il est visé pourquoi? Parce que ces animateurs-là se sont fait des spécialialités d’avoir un discours ciblé aussi.»

«Un discours où par exemple, les pauvres, les vieux, les immigrants, les BS, les artistes, les élites vont toujours être systématiquement ridiculisés, méprisés, il va y avoir un discours extrêmement réducteur exercé par un ensemble d’animateurs qui sont là pendant de nombreuses heures quotidiennement et qui rejoignent de très nombreuses personnes. C’est de ça qu’on parle!»

«On parle donc d’un climat où la radio, outil extrêmement efficace pour rejoindre des gens, jour après jour, entretient une sorte de méfiance vis-à-vis bien des personnes dont, en particulier, les personnes qui viennent d’ailleurs.»

«Oui il y en a qui ont dit “certains animateurs de radio de Québec ont du sang sur les mains” là, ça, c’est du délire ça aussi. Ça n’a aucun sens. Ce n’est pas de ça qu’on parle. On parle du fait, et ce n’est pas la première fois qu’on en parle, on en parle d’une façon récurrente, d’un climat qui est entretenu par ce qui s’appelle la «trash radio» ç’a été inventé aux États-Unis et ça existe beaucoup à Québec, et ça existe aussi au Saguenay et ça existe aussi à Montréal. C’est de ça qu’on parle.»

«Si tu maintiens ce climat-là, plutôt que de te baser sur une radio qui elle va respecter les faits, on est dans une radio comme celle-là qui est alimentée par des annonceurs, mais crime! Les faits sont respectés et on a la liberté d’exercer, toi et moi en particulier, un droit de parole qui n’est pas le même. C’est autre chose que d’avoir des gens, pendant des heures, vont avoir un discours qui te fait monter l’adrénaline chez leurs auditrices et auditeurs.»

«C’est l’utilisation des ondes publiques d’une façon qui, à mon sens, déborde. Et ce n’est pas une question d’opinion. Tu as le droit d’être de gauche ou de droit et de t’exprimer, mais crime, fais-le correctement.»

«Si c’est un sujet récurrent (la radio poubelle), c’est parce qu’il y a quelque chose qui se passe. Tu ne peux pas nier ça pis il n’y a personne qui le nie. Il y a actuellement l’utilisation de la trash radio, pis c’est vrai à Québec, c’est vrai au Saguenay, pis c’est vrai en partie à Montréal, je crois, aussi, mais ça marche moins, qui nous questionne et qui entretient un climat qui n’est pas propice à ce qu’on appelle le vivre-ensemble et le respect de la parole pis le fait que... rétablissement des faits, c’est ce qu’on fait là. On rétablit les faits.»

Voici quelques citations de Paul Arcand :

Mario Dumont
Photo d’archives

«C’est du délire de vouloir tenir responsable qui que ce soit. Mais, sais-tu quoi? [...] c’est un réflexe qu’on a! [...] Mais dans ce cas précis, il y a un tueur qui est entré dans une mosquée et qui a abattu des gens. Au-delà du deuil et de la compassion, le réflexe c’est: est-ce que c’est à cause de la charte? Quelles pages Facebook il fréquentait? Est-ce qu’il aime Trump? Ce que je veux dire par là c’est que tu ne peux pas faire ce lien direct, mais il n’en demeure pas moins que depuis, disons deux ans, t’as un environnement et je ne parle pas juste à Québec. Trump a un courant qui est derrière ça.»

«Je vais te donner un exemple. Moi, j’ai interviewé deux filles qui se sont radicalisées et qui ont voulu partir pour la Syrie. Pis là, elles me disent dans l’entrevue que, elles, ce qui les a entre autre amenées à se radicaliser, c’est la charte de Bernard Drainville. Là je reçois des courriels de bêtises, pis c’est effrayant de faire porter ça à Drainville pis au Parti québécois. [...] Elles le disent! Il y a peut-être d’autres facteurs tu comprends! Mais ce que je veux dire c’est de donner, de trouver une excuse, un pourquoi et comment ça se fait que c’est... Il y a quand même un climat, on le voit en France, on le voit avec Trump, face à l’établissement, face aux élites...»

«Ce que je veux dire par là, je trouve juste que des fois, dans certains cas précis, là on est dans de l’insulte pis pas un peu. Pis des personnages publics là peuvent vivre avec ça, mais je peux comprendre qu’il y a des gens qui sentent à un moment donné que c’est cheap, que ça ne vole pas haut. Ça, je comprends ça. Ça fait partie du décor. Mais je participe à l’émission de Gilles Parent. Gilles Parent est à la radio de Québec, il est numéro 1 l’après-midi. Gilles Parent n’est pas dans ça.»

«De mettre l’étiquette très large tsé... Moi je le dis tout le temps: si t’es attaqué de façon diffamatoire ben poursuis! Et que des groupes s’en prennent, parce qu’on est exposés. Ici aussi à Montréal on est exposés. Si je me mets à dérailler sur un truc, je peux me faire poursuivre demain matin. Je ne te parle même pas de discours haineux. Tsé diffamatoire ou insultant! Mais c’est vrai que... la différence sais-tu c’est quoi? C’est qu’à Montréal, tu pourrais avoir une station comme ça. À Québec, tu as plusieurs stations qui, disons, jouent dans le même genre de talk radio.»

«Ils m’ont demandé la semaine passée, je pense, à Énergie: Pourquoi il n’y a pas plus de talk radio à Montréal que ça, compte tenu du nombre? Tu regardes à Québec et c’est vrai! Tsé il y en a beaucoup plus. Pourquoi il y en a plus? Moi, ma réponse c’est ils ont les mêmes boss. C’est Cogeco, c’est Bell, c’est Radio Nord. Pourquoi ils en font plus à Québec? Je n’en ai aucune espèce d’idée, mais c’est comme ça.»

Mario Dumont
Photo Stevens LeBlanc

Par ailleurs, Jeff Fillion a invité Pierre Curzi à son émission jeudi, afin qu’il puisse préciser sa pensée.