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Pas d’accusation contre Gerry Sklavounos : Alice Paquet réagit dans une lettre

Pas d’accusation contre Gerry Sklavounos : Alice Paquet réagit dans une lettre
Photo ANNIE T. ROUSSEL

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Alice Paquet, qui avait publiquement accusé l’automne dernier le député libéral Gerry Sklavounos de l’avoir violée, a réagi vendredi matin à la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de ne pas déposer d’accusation contre le député dans une tribune publiée par Le Devoir.

Dans sa lettre, Mme Paquet témoigne de son expérience avec le système judiciaire et estime ne pas avoir été prise au sérieux parce qu’elle n’est pas une «victime parfaite».

«Les plaintes d’agressions sexuelles ne sont pas prises au sérieux si les victimes ont des moeurs sexuelles "trop libres" ou si elles sont entrées volontairement chez l’accusé. On nous accorde également moins de crédibilité lorsque nous retirons notre consentement pendant la relation sexuelle», estime la jeune femme.

Alice Paquet a déploré qu’on lui reproche de s’être contredite dans ses témoignages et que sa version ait été mise en doute. «En somme, il nous faudrait être des "victimes parfaites" pour se faire entendre, soit des femmes irréprochables et en mesure de documenter à la minute près les détails de l’agression.»

Mme Paquet s’est aussi engagée à combattre aux côtés de «toutes celles qui souffrent en silence». «Tant et aussi longtemps que notre système juridique et nos moeurs n’accorderont pas aux survivantes de viol un traitement décent, il nous faudra scander haut et fort nos slogans, et surtout mener fièrement notre lutte, ici et maintenant.»

« Aucun acte criminel »

Jeudi, le DPCP a indiqué «qu’aucun acte criminel n’a été commis» pour expliquer sa décision de ne pas déposer d’accusation à l’encontre du député Sklavounos.

Selon Mme Paquet, Gerry Sklavounos l’aurait invité dans sa chambre en juillet 2014, après une soirée bien arrosée. Tous deux se seraient embrassés puis, devant le refus de la jeune femme d’aller plus loin, le député l’aurait agressée.

Deux semaines plus tard, elle serait retournée confronter l’homme politique, qui l’aurait alors battue, selon ses dires.

Gerry Sklavounos a affirmé, jeudi, accueillir la décision du DPCP avec «soulagement et satisfaction».