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On s'attend d'un député à un minimum de jugeotte

Gerry Sklavounos
photo MARTIN CHEVALIER Gerry Sklavounos

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Un homme qui ne détient même pas un minimum de jugeotte pour savoir comment se comporter avec respect envers les femmes est-il vraiment digne de confiance pour occuper les fonctions de député et ainsi représenter ses concitoyens à l'Assemblée nationale?

Jugeotte, c'est un mot familier selon Larousse, qui signifie «jugement, bon sens». Quel homme intelligent et le moindrement éduqué aujourd'hui peut croire, sauf s'il évolue chez les «grands primates», pour reprendre les termes du chroniqueur Claude Villeneuve, qu'il est acceptable de cruiser de façon insistante et d'avoir des comportements jugés déplacés dans son environnement de travail?

Gerry Sklavounos a certes été blanchi des accusations d'agression sexuelle qui pesaient contre lui. Cela n'efface toutefois pas ses écarts de conduite à l'égard d'autres femmes, et rapportées notamment ici. Et ce n'est pas fini, puisque d'autres allégations sont rapportées ce matin http://www.journaldequebec.com/2017/02/10/le-depute-sklavounos-vise-par-de-nouvelles-allegations.

Et le député semble manquer à ce point de jugeotte qu'il ne comprend même pas ce qui lui est reproché. Au lieu de s'excuser pour son comportement inapproprié, hier, il s'est imposé en victime, et a plutôt regretté de supposées tentatives de socialisation qui auraient pu être mal interprétées. Il semble qu'il ait voulu «créer des liens d'amitié».

Visiblement, on n'a pas tous la même interprétation du mot amitié, ni du terme socialisation. Si cela signifie prendre les femmes pour des morceaux de viande, et adopter un comportement de chasseur, sauve qui peut, les filles, on n'a pas finit d'en baver! J'appelle ça manquer de respect envers les femmes, en se comportant de façon différente, en raison de leur sexe, dans un cadre professionnel. C'est d'autant plus grave de la part d'un député, qui se trouve en situation d'autorité par rapport au personnel politique, et qui détient des pouvoirs conférés par son rôle. 

Nous sommes en droit, nous les femmes, de réclamer la fin de l'acceptation du comportement de «mononcle cochon» dans notre milieu professionnel. Nous sommes aussi en droit, comme citoyens homme ou femme, de s'attendre à ce qu'un député possède un minimum de jugement et d'aptitudes pour se comporter de façon correcte en société.

Je ne comprends même pas que le premier ministre Philippe Couillard hésite encore à savoir s'il doit réintégrer M. Sklavounos dans le caucus libéral. Cela équivaudrait à envoyer le message qu'à l'Assemblée nationale, haut lieu de décisions dans notre société, nous acceptons de tels comportements pourtant inacceptables. Je trouve ça révoltant.

karine.gagnon@quebecormedia.com