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Ils bloquent volontairement son accès à l’école

Des parents se stationnent devant la rampe pour handicapés et refusent de se déplacer

Claude Lafrance, 6 ans, et sa mère Caroline Pelletier doivent se battre pour que des parents cessent de stationner devant l’accès à la rampe pour personnes handicapées.
Photo Émy-Jane Déry Claude Lafrance, 6 ans, et sa mère Caroline Pelletier doivent se battre pour que des parents cessent de stationner devant l’accès à la rampe pour personnes handicapées.

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SEPT-ÎLES | Des parents de la Côte-Nord bloquent volontairement l’accès pour personnes handicapées d’une école à un enfant de six ans qui se déplace avec une marchette.

Presque tous les matins et soirs, des parents stationnent leur voiture devant l’accès pour personnes handicapées de l’école Gamache à Sept-Îles, ce qui empêche le petit Claude Lafrance, six ans, de pouvoir l’utiliser.

Sa mère, Caroline Pelletier, a bien tenté d’intervenir auprès des parents, mais ceux-ci refusent de déplacer leur voiture pour laisser passer le petit. Celui-ci doit donc parfois grimper difficilement les marches de l’école avec l’aide de sa mère puisqu’il n’a pas accès à la rampe.

«J’ai beau klaxonner, leur demander de partir, ils m’ignorent, ils restent là. Je suis étonnée de voir comment les gens peuvent réagir aussi négativement. Ils le voient sortir de l’école avec sa petite marchette et ils ne réagissent pas», s’est insurgée Mme Pelletier.

Encore en 2017

La directrice de l’école, Johanne Moreau, n’en revient tout simplement pas de la réaction des parents vis-à-vis de l’enfant handicapé et de sa mère.

«Je ne pouvais pas croire que des parents bloquaient l’accès volontairement, mais je l’ai finalement vu de mes yeux», a dit Johanne Moreau, la directrice de l’école Gamache, qui a du mal à comprendre. «On est en 2017 et ça arrive encore.»

Lettre aux parents

La directrice a fait parvenir aux parents une lettre dans laquelle elle demande de cesser de bloquer l’accès. «Depuis quelque temps, nous remarquons que certains parents bloquent volontairement l’accès à la mère de celui-ci (de l’élève handicapé)», écrit-elle.

En 2015, on a diagnostiqué à Claude Lafrance une amyotrophie spinale de type 2. Plus le temps passe, plus les nerfs du petit s’atrophient en raison de cette maladie dégénérative. Son espérance de vie est d’environ 30 ans, selon ses médecins.

«La vie est déjà une grande bataille pour lui. Il ne devrait pas en plus avoir à en mener d’autres pour des choses aussi évidentes que le droit à l’accès à une rampe pour handicapés. Je trouve que ce n’est vraiment pas approprié», a déploré Caroline Pelletier.

Peu avant le congé des Fêtes, sa condition s’est dégradée et l’a contraint à utiliser une marchette. Mme Pelletier a fait les démarches nécessaires auprès de l’école primaire afin que son fils soit autorisé à utiliser l’entrée réservée aux personnes à mobilité réduite.

Questionné par Le Journal quant à savoir s’il aimerait que les gens le laissent utiliser la rampe d’accès, Claude, du haut de ses six ans, a été bref, mais clair.

«C’est sûr que j’aimerais mieux ça», a-t-il lancé.