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L'autobus jaune, la radio et l'équipe de rigolos

Autobus scolaire
PHOTO FOTOLIA

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Ce soir, histoire d’aborder en famille le thème de la différence, oubliez la lecture du conte pour enfants Le vilain petit canard. Bien au chaud dans les couvertures, je vous suggère plutôt le texte Fermons les radios de Québec! de Richard Martineau.

Afin de susciter une discussion non censurée avec votre petit, je vous invite ensuite à lire son classique publié dans le VoirTrash radio.

À la suite de ces deux lectures, vous constaterez que monsieur Martineau a changé son fusil d’épaule.

Ce n'est toutefois pas ce qui retient mon attention. Non. C'est le fait troublant qu'à l'époque, aucune commission scolaire n'a songé à interdire le contenu de ces émissions à ses élèves.

Si votre cadet vous demande la morale de l’histoire, vous pourrez lui répondre : «Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.»

Par contre, si votre aîné écoute, il répliquera probablement que Dany Laferrière ne serait pas d’accord avec vous... Profitez de ce moment pour lui couper à tout jamais l’accès au contenu de Tout le monde en parle.

Mauvais timing de la CS de la Capitale

Peu importe les opinions, il va sans dire que le moment était mal choisi pour annoncer une interdiction d’écoute des radios parlées dans les autobus scolaires.

Voilà la seule erreur de la CS de la Capitale quant à sa demande légitime de réglementer ce que ses élèves sont forcés d’écouter. 

Depuis quand les employés décident-ils à la place du patron ? Soit dit en passant, il y a même certains commerces très connus qui ont leur propre chaîne. Qui s'en offusque?

Prisonniers de l’autobus jaune, les enfants ne peuvent compter sur leurs parents pour nuancer le discours de certains animateurs ou alors en profiter pour en apprendre davantage sur l’art du sophisme.

Où sont donc les défenseurs de la liberté individuelle lorsque 48 mineurs doivent subir ce que le conducteur désire entendre?

Ce qui devrait susciter le plus d’indignation dans toute cette histoire, c’est de constater que les chauffeurs peuvent faire ce qu’ils veulent depuis toutes ces années dans leur véhicule.

En quittant la maison, les jeunes sont sous la responsabilité de la commission scolaire : dans l’autobus, au service de garde et à l’école.

Puis-je faire ce que je veux dans ma classe?

Question de rigoler un brin, je vous livre ma position sur le sujet (Note au lecteur : toute ressemblance avec le style de certains personnages connus de Québec n’est que le fruit du hasard) :

Je suis un enseignant censuré... Je veux ma libArté!

Chers amis, je suis la victime d’un système social dangereux. La Gestapo de la liberté d’expression est à mes trousses. Vous voulez des exemples? En voici.

C’est quoi l’idée d’interdire la pub pour les enfants? Cette loi brime la liberté d’expression commerciale.

Imaginez si je pouvais vendre de l’espace publicitaire dans ma classe. Enfin, j’aurais de l’équipement à la fine pointe de la technologie. Une classe de rêve.

Ce n’est pas à moi de payer si les parents sont incapables d’aider leurs enfants à devenir plus critiques face à la publicité.

J’en ai une autre bonne à vous conter. Je ne peux même pas mettre MA musique pendant les moments d’exercices en mathématiques dans MA classe.

Du bon vieux Rage against the machine : killing in the name. Un classique. Je me suis fait reprocher ma tentation d’initier les enfants à cet art.

On pouvait lire sur la pochette du CD : Parental advisory – Explicit content. On m’a dit que les propos étaient un peu durs pour les petits...

C’est quoi cette merde? Encore de la censure. Et la liberté artistique, vous en faites quoi bande d’ignares. Vous voulez faire quoi de vos enfants? Des mauviettes?

Et ce n’est pas fini. Prenez une grande respiration et assoyez-vous sur votre chaise.

La police du bon goût m’empêche de montrer trop de violence ou de sexe!

Je tente par tous les moyens de rehausser la culture générale de mes élèves : jeux vidéo, spectacles, films, etc. Je dois être malchanceux ou encore une victime. Impossible de faire ce que je veux.

C’est probablement une conspiration contre moi. Un organisme lugubre gère la censure. Il y a un classement des œuvres selon des groupes d’âge.

Je peux l’affirmer sans l’ombre d’un doute : la société est malade.

Monsieur Éric Caire, député de La Peltrie et preux chevalier s’attaquant à la censure, pouvez-vous faire quelque chose pour m’aider?

Si vous avez besoin de support, un ex-collaborateur à CHOI, un certain Sébastien Proulx, pourra probablement vous appuyer.

Fin du délire.

En terminant, j’ai un véritable message à livrer : le choix de nos combats en dit long sur nos valeurs.

Et des combats en éducation, il y en a une tonne. Pour tous les groupes d’âge.

S’intéresser réellement à l’éducation, c’est moins payant en cotes d’écoute, en lectorat et en nombre de votes, mais c’est plus profitable pour l’avenir du peuple qu’on affirme défendre.