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Le CSPQ encore sermonné par les élus

L’organisme responsable des achats informatiques du gouvernement admet éprouver plusieurs difficultés

Denys Jean
Photo Simon Clark Le patron du Centre des services partagés du Québec, Denys Jean, devait répliquer hier en commission parlementaire aux constats de la Vérificatrice générale. Il n’a pas caché son désarroi devant les lacunes de son organisation.

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QUÉBEC | «Inadmissible», «aucun sens», «compliqué»: le patron du Centre des services partagés du Québec (CSPQ), Denys Jean, n’a pas tenté de nier les grandes difficultés de son organisation, mardi, en commission parlementaire.

M. Jean comparaissait devant les élus de la commission de l’administration publique à propos d’un autre rapport accablant de la Vérificatrice générale portant sur la gestion de cette organisation qui, en 10 ans, a dépensé près de 5 milliards de dollars d’argent public.

Publié en mai dernier, le rapport résultait d’un autre constat, celui-là datant de 2014 – encore plus cinglant! – et faisait notamment état d’une mauvaise gestion des risques. Le Centre a pour mandat de signer des contrats au nom de plusieurs ministères dans des achats regroupés, notamment en informatique. Il octroie près de 2000 contrats par année.

Histoire de tablettes

Le député caquiste Éric Caire a dénoncé l’achat de centaines de tablettes électroniques au coût de 499 $, alors que le coût unitaire, sur le site internet du fabricant, était de... 439 $.

M. Jean a d’abord justifié les 60 $ de différence par une garantie prolongée de deux ans supplémentaires. Le député a répondu qu’il en avait acheté deux à Noël et avait été capable de négocier ces garanties. Le patron du CSPQ n’a pas caché son désarroi.

«Ce n’est pas moi qui les achète les tablettes. [...] Ça ne marche pas, c’est clair. [...]. Il faut s’organiser pour mieux connaître nos marchés. Le député a raison, c’est inadmissible», a-t-il concédé.

Le CSPQ devrait s’être spécialisé dans les achats groupés, mais, après 12 ans d’existence, en est encore à s’interroger sur ses processus d’achats. Éric Caire s’est écrié: «C’est comme si McDonald’s se posait des questions sur ses hamburgers.»

Ayez la foi

Denys Jean a reconnu qu’«il y avait encore beaucoup de travail à faire», mais il a souligné que le CSPQ était une «grosse boutique à faire maturer».

«Il y a du potentiel en services partagés. Il suffit d’y croire et de s’investir. (...) On a du boulot à faire pour s’améliorer.»

Le député libéral de Mégantic, Ghislain Bolduc, fait partie de ceux qui ont le plus défié M. Jean.

«Après 12 ans, il devrait y avoir un peu de compétences là-dedans! Pourquoi en est-on encore là?» a-t-il demandé.

Plus tôt, le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, avait promis un dépôt «très prochainement» de son très attendu projet de loi permettant de «resserrer la discipline gouvernementale» en matière de gestion informatique.

Ce qu’il a dit

« Monsieur le député a raison, c’est inadmissible qu’on paie un équipement plus cher qu’un individu. »

« On a du boulot à faire pour s’améliorer. »

« On a un repositionnement à faire. On est parti trop large. [...] Il faut revenir à la base du jeu. »

– Denys Jean