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Le Québec en retard sur le transfert d’entreprises

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Les entrepreneurs sont mal préparés pour passer le flambeau, dévoile une étude menée par le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ), puisque 64,3 % avouent ne pas avoir de plan de relève.

Selon le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, le Québec comptera 25 200 entrepreneurs de moins en 2018, ce qui n’est pas sans conséquence considérant l’importance des PME comme créatrices d’emplois.

«Au cours des dernières années, on a focusé à promouvoir l’entrepreneuriat et le démarrage d’entreprise. On a vu un engouement réel, mais on n’a pas assez mis l’accent sur les entreprises qui existent», a réagi Monsef Derraji, pdg du RJCCQ.

Le pire à venir

La situation n’ira pas en s’améliorant. Dans son étude «Reprendre, c’est entreprendre», dont Le Journal a obtenu copie, le RJCCQ a discuté avec des entrepreneurs aguerris et des jeunes de la relève pour mieux cerner les difficultés rencontrées.

Il en résulte que plus les entrepreneurs tardent à préparer leur départ, plus ils risquent de voir leur entreprise décliner. Donc, perdre de la valeur.

«Au Québec, les propriétaires dirigeants repoussent sans arrêt et quand ils quittent, c’est parce qu’ils n’ont pas le choix ou qu’ils tombent malades», a ajouté Vincent Lecorne, pdg du Centre de transfert d’entreprise du Québec qui a aussi participé à l’étude.

Encore du travail à faire

«Dans la tradition nord-américaine, ajoute M. Lecorne, on a l’habitude de passer le relais. C’est inscrit dans les mœurs. Au Québec, avec cette génération qui reporte sans arrêt, on va arriver avec des ventes de feu et c’est dommageable.»

Transférer une entreprise est une démarche qui nécessite de 2 à 3 ans de planification et non pas 6 mois. Bien que l’entrepreneuriat soit considéré comme une option de carrière pour 90,8 % des jeunes, l’accès au financement demeure le principal talon d’Achille.

Les prix demandés sont souvent très élevés et les jeunes ont des ressources limitées pour fournir la mise de fonds. Selon la RJCCQ, les mesures fiscales entourant la relève d’affaires s’avèrent complètement désuètes. Le Regroupement continue à demander au gouvernement de considérer un allègement fiscal pour mieux tenir compte de cette réalité.