/sports/opinion/columnists
Navigation

Ma journée d’hier avec Therrien

SPO-HKO-HKN-MONTREAL-CANADIENS-V-PHILADELPHIA-FLYERS
AFP Michel Bergeron croit que Michel Therrien va se retrouver un boulot dans la LNH.

Coup d'oeil sur cet article

En cette semaine de congé pour le Canadien, Michel Therrien et moi avions prévu nous réunir pour aller voir Jacques Demers à l’hôpital. Vers midi, Michel est venu me chercher à la maison en voiture.

Durant le trajet nous menant à l’hôpital, on parlait de tout et de rien. On parlait de l’équipe, de ce congé de cinq jours dont bénéficiait le Canadien. Michel me disait que ça ferait du bien à tout le monde. Lui, question de se reposer, avait décidé de rester à Montréal.

Je lui ai demandé ce qu’il pensait de la loterie Mise-O-Jeu qui le plaçait au sommet comme prochain entraîneur à perdre son emploi.

Il savait qu’il y avait beaucoup de rumeurs, que plusieurs en parlaient. Il m’a dit que ça faisait partie de la game, qu’il est normal que ce soit un sujet de discussion quand une équipe gagne moins.

Jamais négatif

Il se sentait bien. Il ne faut pas oublier que le but du Canadien, en début de saison, était de participer aux séries. Il était premier de sa section, bien loin de batailler pour une place en séries.

Tout semblait bien aller, au beau fixe. Jamais Michel n’a été négatif avec qui que ce soit, même à l’endroit de ses joueurs. Il me disait que certains étaient fatigués, mais il n’a jamais déblatéré contre qui que ce soit.

Rendu à l’hôpital, Jacques était en compagnie de son frère Michel. Ça faisait du bien de se revoir tous les trois. On se parlait et tout se passait bien.

Un coup de téléphone

Puis, en quittant l’hôpital, j’ai vu Michel s’éloigner et je pense qu’il venait de recevoir l’appel de Marc Bergevin. Michel parlait moins durant le retour. Mais il n’y a pas fait allusion.

Avec l’expérience qu’on a, quand le directeur général veut rencontrer son entraîneur, c’est qu’il y a quelque chose qui se passe. Alors quand j’ai appris la nouvelle en me rendant travailler à TVA Sports, c’est là que je me suis dit que Marc Bergevin lui avait probablement donné rendez-vous avant notre retour de l’hôpital.

Je considère Michel comme un ami. C’est un gars franc et je peux dire qu’il était très fier de diriger le Canadien.

Une relève expérimentée

Honnêtement, je pensais qu’il y aurait une transaction majeure avant l’annonce d’un congédiement. Avec Claude Julien qui était disponible, on s’est peut-être dit que ce moment ne reviendrait plus, mais je persiste à dire qu’il y aura une transaction assez importante chez le Canadien.

Diriger le Canadien, ce n’est pas comme diriger Columbus. On voulait un changement d’entraîneur et on voulait un gars d’expérience avec qui il est facile de travailler, comme c’était facile entre Marc Bergevin et Michel Therrien. On ne pouvait pas amener un coach recrue à Montréal, comme la tendance se dessine un peu ailleurs dans la Ligue.

Le Canadien s’est probablement servi de l’exemple des Bruins, qui ont remporté leurs trois matchs depuis le départ de Claude Julien, ou des Islanders, qui font bien depuis l’arrivée de Doug Weight.

Les raisons qui ont mené à ce congédiement sont sans doute les mêmes qui ont poussé Julien à la porte à Boston; à un moment donné, on veut une nouvelle voix, quelqu’un de différent. Les coachs d’expérience comprennent ces décisions. Pour l’avoir vécu, on l’accepte mal quand le gérant t’énumère les raisons, mais tu n’as pas le choix et tu les acceptes.

À première vue, Claude risque de commander un salaire équivalent à celui qu’Alain Vigneault vient d’obtenir avec les Rangers de New York, soit environ 4 millions de dollars par saison.

Pour les Bruins, ça leur permet d’économiser son salaire du reste de l’année et de la saison prochaine. Il faut aussi comprendre que Claude a été approché avant que la nouvelle tombe puisqu’on a annoncé en même temps le congédiement et l’embauche.

Comme en 2003, donc, avec André Savard qui était le directeur général, Claude a pris la place de Michel.

Chose certaine, sans dire qu’il s’agit d’une victoire assurée samedi contre les Jets, il y a de bonnes chances que le Canadien soit prêt.

Pas fini pour Therrien

Selon moi, Michel va se retrouver un emploi ailleurs dans la Ligue nationale. Toutes les fois qu’une équipe va vouloir se tourner vers un gars d’expérience, on va penser à Michel, Bob Hartley, qui sont des coachs de carrière. Certes, on a tendance à aller vers de jeunes entraîneurs, mais tout dépend des besoins.

– Propos recueillis par Roby St-Gelais