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Ah cette méchante radio...

Bloc Radio Micro

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À la lecture du texte de Sylvain Dancause sur le blogue des profs du Journal, j’ai tout d’abord avalé mon café de travers. Puis j’ai poussé un soupir de découragement, pour enfin finir par hurler de rage. Eh oui, cette rage dégoulinante qui caractérise les animateurs de la radio de Québec, j’imagine...

Je tiens ici à préciser qu’en plus d’être chroniqueur politique au Journal et à TVA/LCN, j’ai l’immense privilège de partager un micro avec mon collègue Richard Martineau à CHOI Radio X.

Commençons par l’histoire de l’interdiction des radios parlées dans les autobus scolaires.

En ondes, mon collègue Richard (celui que monsieur Dancause pourfend dans son texte) et moi avons tous deux convenu qu’il est légitime, pour une commission scolaire, de vouloir éviter que les jeunes soient exposés à des opinions et un discours ne s’adressant pas nécessairement à des élèves du niveau primaire, par exemple. Que l’on soit d’accord ou non avec cette orientation, elle se défend.

Mais la décision de la Commission scolaire de la Capitale a été prise dans la foulée des attaques visant les radios de Québec à la suite de la tuerie de la mosquée de Québec. C’était, de la part de ces gens, reconnaître que les radios avaient pu jouer un rôle dans cette tragédie. Voilà ce que nous dénoncions. Par ce fait, la commission scolaire joignait sa voix à celles et ceux qui ont osé faire un procès pour meurtre... à des animateurs de radio! C’était une décision déplorable, qui d’ailleurs fut rapidement infirmée.

***

Puis il y a la deuxième partie du texte de monsieur Dancause. Celle dans laquelle il tente de manier le sarcasme et l’humour pour reproduire le discours des animateurs de la radio de Québec, mais dans la bouche d’un professeur.

Les idées préconçues qui sont véhiculées sont navrantes. Certes, la radio de Québec détonne. C’est une radio d’opinion qui aime faire réagir sans nécessairement provoquer. Une radio qui permet à tous de s’exprimer. Oui, à Québec, vous entendrez des gens de gauche et de droite. Des représentants du patronat et des syndicats. Des fédéralistes et des souverainistes.

Vous savez, monsieur Dancause, quel est le dénominateur commun des critiques les plus acerbes des radios parlées de Québec? Ce sont des gens qui ne les écoutent tout simplement pas. Qui s’accrochent aux écarts de conduite du début des années 2000. Qui ne réalisent pas que c’est une radio qui a bien vieilli, qui a pris de la maturité. Une radio utile et aimée des gens.

Saviez-vous, monsieur Dancause, que l’un des dossiers sur lesquels nous insistons le plus dans les radios de Québec est celui des difficultés des jeunes garçons à l’école? Est-ce sexiste? Nous parlons souvent de l’importance de la dette du Québec, car nous ne voulons pas hypothéquer l’avenir de nos enfants. Est-ce démagogique? Nous souhaitons qu’un cours d’économie soit donné pour que les élèves soient sensibilisés à l’importance de la saine gestion et aux dangers du surendettement. Est-ce diffamatoire?

En terminant, je me garderai de tomber moi aussi dans les idées préconçues et la généralisation à outrance. Le discours ultra prosyndical qui semble omniprésent dans les classes du Québec. Cette manie qu’ont plusieurs profs, de vouloir faire avancer la cause de la souveraineté, ou encore la diabolisation de la droite économique et des radios parlées. Je serais tenté de vous dire qu’en tant que parent, je m’attends à ce que mes enfants soient éduqués et non pas influencés. Mais je sais que je serais de mauvaise foi en me limitant à cela. Parce que la grande majorité des enseignantes et enseignants sont dévoués et ont à cœur le bien-être de nos enfants.

Au même titre que le privilège d’avoir un micro dans une radio, celui d’avoir une plume dans un journal exige un minimum de rigueur. On ne peut pas dire n’importe quoi.

À bon entendeur.