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Des étudiants formés pour prévenir les viols

L’Université Laval a mis sur pied un projet-pilote

Une trentaine d’étudiants de l’Université Laval deviendront des «témoins actifs», capables d’intervenir subtilement lors de situations qui pourraient mener à de la violence sexuelle.
Photo Didier Desbuuschère Une trentaine d’étudiants de l’Université Laval deviendront des «témoins actifs», capables d’intervenir subtilement lors de situations qui pourraient mener à de la violence sexuelle.

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«Est-ce que tout est OK?» Par une simple phrase, il est possible de prévenir d’éventuelles agressions sexuelles qui pourraient survenir lors de soirées bien arrosées, selon une formation offerte à l’Université Laval.

La scène suivante se déroule dans un «party de cuisine». Plusieurs jeunes s’y regroupent, l’alcool coule à flots. Vers la fin de la soirée, une jeune fille saoule a visiblement perdu le contrôle de ses moyens. Mais la fête bat son plein, et personne ne porte vraiment attention au jeune homme qui l’entraîne dans une pièce fermée.

« Des témoins actifs »

Pour prévenir ce genre de situation, l’Université Laval a mis sur pied un projet-pilote qui consiste à former une trentaine d’étudiants qui deviendront des «témoins actifs», capables d’intervenir subtilement lors de situations qui pourraient mener à de la violence sexuelle.

Aux États-Unis, où ce type de formation est beaucoup plus répandu, on estime que la présence de «témoins actifs» pourrait permettre de réduire jusqu’à 44 % les risques de viols.

Dans la scène précédente, quelqu’un aurait pu intervenir auprès de la jeune fille pour lui demander si elle voulait plutôt rentrer chez elle. Ou un autre aurait pu faire remarquer au garçon qu’il serait préférable que la jeune fille rentre chez elle en taxi.

«Chacun peut intervenir selon son style. Il ne s’agit pas de jouer aux héros, mais plutôt de désamorcer certaines situations», explique Josée Laprade, directrice du Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement à l’Université Laval. Un «témoin actif» peut aussi agir de façon indirecte, en demandant plutôt à des amis de potentiels victimes ou agresseurs d’intervenir.

Faire une différence

Sophie Villeneuve, étudiante à la maîtrise en orientation, a suivi cette formation qui l’a beaucoup fait réfléchir. «Je le revois dans ma tête, à toutes les fois que je suis sortie [dans les bars], j’aurais pu intervenir», lance-t-elle. Jusqu’ici elle s’était gardée de le faire, préférant ne pas intervenir dans ce qui ne la regardait pas, pensait-elle. Maintenant, elle réalise qu’«être attentif» à ce qui se passe autour de soi peut faire une grande différence.

L’Université Laval est la première université francophone de la province à offrir ce type de formation, d’une durée de trois heures. Mme Laprade espère étendre la formation à davantage d’étudiants l’an prochain, si l’argent est au rendez-vous.

Selon une récente enquête sur les violences sexuelles dans des universités québécoises, les incidents se déroulent surtout lors de soirées festives.