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La semaine des enseignants: réalité ou poudre aux yeux?

Les enseignants se valorisent à travers la réussite de leurs élèves, les remerciements des parents et les bons mots de leurs collègues.
Photo d'archives, Agence QMI Les enseignants se valorisent à travers la réussite de leurs élèves, les remerciements des parents et les bons mots de leurs collègues.

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La semaine dernière, c’était la semaine des enseignants...

Un peu partout dans les écoles, on a pris le temps de remercier le personnel qui, au quotidien, se lève avec le sourire pour accueillir dans leur classe les adultes de demain.

Personnellement, j’ai été particulièrement choyée, je dirais même gâtée, ayant une directrice attentionnée et dévouée. Malgré tout, je me suis demandé plusieurs fois à quoi servait une semaine des enseignants.

Bien entendu, pour bien paraître, les hauts-placés des commissions scolaires, le ministre de l’Éducation et nos différents dirigeants ont senti le besoin de nous dire à quel point nous étions indispensables et à quel point notre travail était important pour la société...  

Pour nous démontrer toute leur gratitude envers notre travail, ils ont demandé à une secrétaire occupée de réutiliser la lettre de l’an dernier, lui ont mentionné de ne pas oublier de modifier la date apposée et de l’envoyer à tous les concernés à une heure donnée. Ce qui est un peu paradoxal, c’est que s’ils ne l’avaient pas fait, ils auraient été critiqués...

Heureusement, pour un enseignant, la reconnaissance ne se limite pas qu’à ça.

En fait, ce qui nous permet de continuer à nous dépasser, c’est de voir un élève réussir et enfin le voir sourire, c’est entendre à l’intercom notre directrice nous souhaiter une bonne fin de semaine un vendredi après-midi parce qu’elle sait qu’on a eu des jours plus gris, c’est voir une collègue faire vivre à ses élèves une activité qu’on a bâtie, c’est se faire chuchoter à l’oreille «T’es importante pour moi...» par une enfant de 7 ans, c’est aussi un merci d’un parent, un sourire reconnaissant, c’est entendre un artiste à un gala dire qu’il est là parce qu’un prof a cru en lui, c’est savoir qu’on peut faire une différence et que notre passage dans la vie des petits êtres qui nous admirent compte.

Messieurs, mesdames du Ministère et des commissions scolaires, au lieu de souligner cette reconnaissance qu’au jour de la rentrée et que lors de cette semaine préfabriquée, ne serait-il pas préférable d’écouter les enseignants, de comprendre leur réalité et de prendre en considération leurs idées?

Si les profs étaient SI extraordinaires et essentiels, ne devraient-ils pas être aux tables des dirigeants et ces derniers ne devraient-ils pas visiter leurs classes fréquemment?

Ça pourrait être ça la semaine des enseignants!!! On arrêterait de leur lancer des fleurs ponctuellement une semaine en février et on prendrait enfin en considération leurs compétences pour amorcer un vent de changement efficace dans notre système d’éducation!!!

En fait, la semaine des enseignants, ce n’est qu’une banale semaine connue que dans le milieu de l’éducation.

Elle aurait sa raison d’être si la société croyait réellement en l’importance de cette profession, si elle faisait confiance aux gens qui travaillent avec les enfants et si les facultés d’éducation arrêtaient de former des étudiants vides, sans conviction, qui ne rêvent que des huit semaines de vacances d’été.

Ce sont ces mêmes étudiants incompétents maintenant engagés dans nos écoles qui contaminent l’opinion publique et ternissent ainsi la réputation de milliers d’enseignants passionnés, acharnés et compétents qui font grandir vos enfants.

Bien entendu, on retrouve aussi dans nos universités des jeunes intéressés, remplis de bonnes volontés qui réussiront eux aussi à ensoleiller les journées de nos petits protégés. Mais malheureusement, ils resteront toujours aux yeux de la société de simples profs, parce qu’un diplôme n’aurait peut-être jamais dû être émis.

Alors à quoi sert la semaine des enseignants finalement? C’est simple! Elle sert à se rappeler qu’il est préférable de démontrer notre reconnaissance aux quotidiens par de simples gestes et à se regrouper entre collègues pour se dire à quel point on est chanceux de faire le métier que nous faisons et que le cadre de porte de nos classes nous attendra toujours pour écouter nos joies et nos peines...

Aux parents qui m’ont fait confiance, à mes collègues qui s’ouvrent sur mes idées différentes voire dérangeantes, à mes directions d’école qui m’ont permis de me dépasser, à ma famille qui écoute ENCORE mes histoires d’école, mais surtout à mes très chers élèves qui ont croisé ma route et qui ont fait partie de ma folie, je vous dis à tous, MERCI!!! MERCI de ne pas avoir attendu une semaine de février pour me dire que vous m’appréciez.

À tous les profs qui liront ce blogue, enregistrez les sourires au quotidien! J’espère qu’un jour, peut-être, nous serons assez reconnus pour faire entendre nos idées, mais surtout nos solutions dans ce système d’éducation!