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Violoniste ou chef: le cas Joshua Bell

Violoniste ou chef: le cas Joshua Bell

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Il fallait avoir beaucoup de courage ou un amour profond de la musique pour affronter les éléments hier soir. Dans une Maison symphonique légèrement clairsemée, l’orchestre symphonique de Montréal avait confié les rênes au violoniste étoilé Joshua Bell qui est aussi chef du St Martin of The Fields. 


Dans son cas, point de pupitre ni de baguette, mais une simple chaise pour la direction, idée de faire plus démocratique ! Avons-nous été surpris, pas du tout. Comme un déjeuner sur l’herbe, presque à la bonne franquette, l’orchestre semblait «  avoir du mou dans le manche  », mais qu’à cela ne tienne. Le public était tout simplement venu entendre Joshua Bell, charisme oblige. Avec fougue, et c’est peu dire, le violoniste/chef s’est lancé avec l’Ouverture Les Hébrides de Mendelssohn. Gesticulant beaucoup, sans toutefois convaincre malgré une sonorité charnue, l’exercice de style valait le coup d’œil, mais sans plus.   Nous attendions avec impatience, le Concerto pour violon de Bruch.

Laissant la chaise de côté, il a dirigé debout son violon qui lui servait presque de paratonnerre. Soutenu par une puissante section de cordes et bravo au 1er violon de l’OSM Andrew Wan, cet exercice de style ne fut pas des plus convaincants.

Si la mise fut sauvée par le métier du violoniste et accessoirement chef, nous étions présence d’un concert tape-à-l’œil. Déçus, mais pas amers, nous avons laissé tomber la 7e symphonie de Beethoven.