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AUDIO | Celui qui a accusé «certains animateurs d'avoir du sang sur les mains» maintient sa position

AUDIO | Celui qui a accusé «certains animateurs d'avoir du sang sur les mains» maintient sa position
Photo Courtoisie

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Jeudi matin, après avoir appris que le suspect de l’attentat à la mosquée n’écoutait pas les radios de Québec, Nathalie Normandeau a invité Michel Juneau-Katsuya à revenir sur les propos qu’il a tenus au lendemain de la tuerie voulant que «certains animateurs de Québec ont du sang sur les mains». À travers les questions et les attaques d’André Arthur, il affirme maintenir sa position.

Dès les premières heures qui ont suivi l’attentat à la mosquée, les radios d’opinion de Québec étaient visées tous azimuts.

Une des accusations les plus sévères est venue de la bouche de l’ancien agent de renseignements, Michel Juneau-Katsuya, qui a accusé «certains animateurs de Québec d’avoir du sang sur les mains».

Or, voilà que jeudi, nous apprenions que le suspect principal dans l’affaire, Alexandre Bissonnette, n’écoutait pas les radios de Québec, selon un de ses amis.

Nathalie Normandeau a donc invité Juneau-Katsuya à se joindre à son émission sur les ondes de BLVD, jeudi, afin de lui faire admettre qu’il était allé trop loin dans ses propos.

Mais rien à faire: il persiste et continue de défendre sa position, quitte à alimenter la colère d’André Arthur.

Lors de son entrée en studio, Arthur a pourfendu Juneau-Katsuya.

«Ce n’est pas indépendant le Conseil de presse du Québec, c’est une organisation qu’on connaît très bien! De quel droit dites-vous des affaires de même vous? D’où sortez-vous pour avoir le droit de poser des jugements? "C’est la faute à Trump si les douaniers font ci ou ça. C’est la faute à la radio s’il y a du sang." Mais d’où sortez-vous pour dire des affaires de même», lance d’entrée de jeu l’animateur et collaborateur à l’émission de Normandeau, André Arthur.

«C’est simple, M. Arthur. Quarante ans d’expérience dans le domaine à étudier, à travailler et à courir après les pas bons pour les attraper», répond l’ancien agent de renseignements.

«Vous êtes retraité des services secrets? Vous avez été crissé (sic) dehors ou vous avez gagné à la loterie?», continue Arthur, visiblement irrité par l’invité.

«Vous pouvez m’insulter tant que vous le voudrez», souligne Juneau-Katsuya.

«J’ai juste le goût de faire ça. Je ne veux pas parler à ce maudit fou-là!», termine Arthur, en quittant le studio quelques instants après y être entré.


Vous pouvez lire une transcription partielle de l’entrevue ci-dessous, ou encore écouter l’extrait audio complet tout au bas de ce texte.

«Aujourd’hui (jeudi), on apprenait que le tueur n’écoutait pas les radios de Québec et qu’il s’alimentait plutôt sur le web. Est-ce que tu entends t’excuser auprès des radios de Québec, des propriétaires et des animateurs?», lui demande l’animatrice de BLVD.

«Ohhhh non! Loin de là! Bien, bien au contraire. L’article n’est pas mauvais, l’article n’est pas mensonger. Le journaliste a fait un très bon travail pour trouver un ami personnel du jeune terroriste et d’arriver à lui faire dire: "non non! Il n’écoutait pas les radios de Québec". C’est un fait, il ne l’écoutait peut-être pas à temps plein, mais on ne pourra pas me dire qu’il ne l’écoutait pas.» – Juneau

«Est-ce que tu as de l’information en ce sens?» – Normandeau

«Écoutez, c’est simple! Il a été arrêté avec une voiture. Qu’est-ce qu’on écoute en voiture?» – Juneau

«Michel, Michel! Il y a Spotify de nos jours, il y a Apple Music, tu peux écouter n’importe quel podcast, n’importe où.» – Marc-André Lord

«Je suis d’accord. Je n’amène pas une affirmation. Je n’ai pas vu quelle station de radio il écoutait. Ce qu’il faut comprendre et ce que je maintiens à dire, c’est que le privilège que nous avons de travailler dans les médias vient avec des responsabilités extraordinaires. Lorsqu’on a la chance de s’adresser à des milliers de gens de façon quotidienne, on a la responsabilité d’amener un équilibre dans nos propos. Cet équilibre n’a pas été maintenu par certains animateurs.» – Juneau

«Les gens qui les écoutent constamment vont transporter des idées qui leur ont été transmises par ces médias-là. Et ça, il y a des études qui ont été faites en sociologie, en sciences politiques, sur la communication de masse et le transfert des messages. On a des exemples historiques, que ce soit la montée du nazisme ou les génocides dans certains pays.» – Juneau

André Arthur entre en studio pour son segment avec Normandeau

«Regardons des comités indépendants, comme le Conseil de presse du Québec...» – Juneau

«Ce n’est pas indépendant le Conseil de presse du Québec, c’est une organisation qu’on connaît très bien! De quel droit dites-vous des affaires de même vous? D’où sortez-vous pour avoir le droit de poser des jugements? "C’est la faute à Trump si les douaniers font ci ou ça. C’est la faute à la radio s’il y a du sang." Mais d’où sortez-vous pour dire des affaires de même?» – Arthur

«C’est simple, M. Arthur. 40 ans d’expérience dans le domaine à étudier, à travailler et à courir après les pas bons pour les attraper.» – Juneau

«Vous êtes retraité des services secrets? Vous avez été crissé (sic) dehors ou vous avez gagné à la loterie?» – Arthur

«Vous pouvez m’insulter tant que vous le voudrez.» – Juneau

«J’ai juste le goût de faire ça. Je ne veux pas parler à ce maudit fou-là!» – Arthur

«Michel, on constate qu’il y a énormément d’émotivité quand on parle de ce dossier!» – Nathalie

«Plus ou moins bien articulé, on est plus dans l’insulte.» – Juneau

«Pourquoi ne pas simplement vous excuser? Que vos paroles ont dépassé votre pensée, parce que vous persistez et signez. Un moment donné, on peut avouer ses torts, c’est possible de dire ça.» – Normandeau

«Je n’ai aucune difficulté à admettre mes torts lorsqu’il y a des torts. Je persiste à dire, et peut-être que mes mots ont été sévères, qu’il y a une responsabilité de la part de ces animateurs, des animateurs comme M. Arthur qui vient de crier après moi, qui a été reconnu devant un conseil de ses pairs, à maintes et maintes reprises, qui a été blâmé pour des propos qu’il aurait tenus» – Juneau

«C’est grave que vous ayez affirmé que les radios de Québec avaient du sang sur les mains. C’est comme si c’est nous qui étaient (sic) allés dans la mosquée.» – Normandeau

«Il ne faut pas me mettre des mots dans la bouche. Ce que j’ai imputé et ce que je continue d’imputer, c’est que certaines radios de Québec et certains animateurs ont bel et bien une responsabilité dans ce qui s’est produit, parce qu’ils ont entretenu des discours, qui a été reconnu par un conseil de presse et par d’autres études académiques, que je n’ai pas devant moi.» – Juneau

«Michel, Michel, vous n’avez pas les études devant les yeux, vous n’êtes pas capable de nommer ni les stations, ni les animateurs. Vous avez une preuve, devant vous ce matin, comme quoi le tueur de la mosquée n’écoutait pas les radios de Québec. Vous persistez et signez à nous jeter le blâme. Ça prend tout un culot.» – Lord

«Prenons la discussion dans un autre angle. Pourquoi faites-vous de la radio? C’est pour communiquer, pour transmettre de l’information, pour stimuler de la discussion, pour discuter et influencer les gens à penser dans certaines réflexions.» – Juneau

«Nous, Michel, on fait juste informer et divertir, on a pas d’autres prétentions que celles-là. Nos auditeurs nous écrivent pour nous dire qu’ils espèrent que vous vous excusiez. Pourquoi ne pas admettre que vous vous êtes trompé?» – Normandeau

«Vous avez aussi la capacité de comprendre que vos paroles sont écoutées tous les jours à maintes et maintes reprises, et qu’elles ont une incidence, une influence sur les gens. Si vous me dites que non, votre responsabilité est seulement d’informer et de divertir, c’est soit qu’il y a de la mauvaise foi, soit vous plaidez l’ignorance de manière un peu volontaire.» – Juneau

«Je n’ai pas besoin de personne pour me dire quoi penser et quoi dire. Je sais ce que je dois dire et ne pas dire. Je suis une grande fille, je peux m’assumer.» – Normandeau

«Ce qui est démontré ici, je ne minimise pas du tout ce qui s’est produit, c’est qu’un journaliste a trouvé un ami, une personne, une source d’information, qui a dit: "non, mon chum n’écoutait pas les radios de Québec". C’est une personne, c’est un commentaire. Je le prends pour ce que c’est dit. Ça ne veut pas dire que; un, il n’a jamais écouté les radios de Québec; deux, que les conversations avec son cercle d’amis n’étaient pas influencées par ces éléments-là; et trois, regardez d’autres facteurs qui peuvent nous donner d’autres informations.» – Juneau

«Le directeur du centre de déradicalisation de Montréal a donné une entrevue à Michel Jean de TVA dans laquelle il disait, spécifiquement, que dans la dernière année, ils ont reçu au centre plus de 600 appels.» – Juneau

«Vous détournez le débat. Vous avez fait une déclaration: vous rendez responsables les radios de Québec.» – Normandeau

«Il n’y a personne qui est allé dire dans les radios: tu vas à cet endroit et tu fais cette action. Je n’ai pas été jusqu’à dire ça. Ce que je soutiens, appuyé par le Conseil de presse et le directeur du centre de déradicalisation, c’est qu’on entretient un état d’insécurité face à une certaine communauté, qui finit par nourrir une certaine idéologie.» – Juneau

«Il n’était pas exposé à ce discours! Il ne l’écoutait pas (la radio de Québec)! Et encore là, je ne sais pas de quel discours vous parlez, parce que vous ne nommez personne.» – Lord

«Lorsqu’on entend un certain animateur qui dit: "ce ne sont pas tous les musulmans qui sont terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans", ça a été dit, c’est un commentaire connu, qui est d’une archifausseté, à tendance xénophobe et islamophobe terrible!» – Juneau

«Bon, je pense qu’on s’éloigne du sujet et qu’on a fait le point. Vous nous avez exprimé ne pas avoir de regrets et ne pas vouloir vous excuser. Merci Michel.» – Normandeau