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Claudine Mercier et les nounounes

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Si j’avais reçu 10 $ chaque fois que Claudine Mercier prononce le mot «noune» dans son nouveau spectacle, j’aurais fait tellement d’argent que je suis sûre que j’aurais pu me payer un bon repas au restaurant.

Dans son cinquième one-woman-show, Claudine Mercier nous a parlé de sa noune à elle, de la noune des autres, des jeunes nounes, des vieilles nounes, des nounes qui sentent mauvais, des nounes trop parfumées, des nounes trop épilées et des nounes pas assez épilées.

Je n’ai aucun problème avec les nounes, mais je me pose une question. Y a-t-il deux poids, deux mesures en humour?

Claudine Mercier peut dire qu’elle se met une feuille de Bounce dans les culottes pour ne pas sentir de la noune et les gens trouvent ça drôle. Mais Peter MacLeod et Mario Tessier doivent s’excuser et retirer une publicité où on aperçoit la moitié d’une fesse d’une danseuse nue... parce que les gens trouvent ça vulgaire.

Cherchez l’erreur.

LES GARS, C’EST NONO

Si un humoriste québécois passait la soirée à parler de son appendice sexuel, il se ferait traiter d’obsédé et envoyer dans un camp de rééducation avec Gerry Sklavounos.

J’ai comme l’impression que la plupart des blagues salées de Claudine Mercier n’auraient jamais pu passer si elles étaient sorties de la bouche d’un homme. On a complètement inversé la vapeur: on accepte maintenant parfaitement qu’une femme parle de cul, mais les gars, eux, doivent faire comme s’ils n’avaient aucune vie sexuelle. Une fille qui parle de sexe de façon décomplexée (comme Mariana Mazza, par exemple) est perçue comme une femme libre, qui s’assume. Mais un humoriste gars qui parle de cul est perçu comme un macho cochon aussi primaire que le pire homme des cavernes.

SOIRÉE DE FILLES

Je vous donne un autre exemple de «deux poids, deux mesures».

Claudine Mercier passe une partie de la soirée à rire des gars. Ils sont donc bien niaiseux, les gars! Ils deviennent donc bien gros avec le temps, les gars! Ils servent donc à rien, les gars! Ils sont donc bien nonos, les gars!

La preuve? Quand vous faites de la méditation et que vous voulez faire le vide dans votre cerveau, vous dites le mot «hommmmme».

Maintenant, imaginez la situation inverse.

Un humoriste bourré de testostérone qui dirait que les filles sont nounounes et qu’il vaut mieux qu’elles se taisent. La preuve? Quand on veut dire «tais-toi», on dit bien: «Femme ta gueule...»

La Fédération des femmes du Québec, le Conseil du statut de la femme, les députées (et députés) de Québec solidaire, les militantes de l’UQAM auraient crié «sexiste!» plus vite que leur ombre. On aurait eu droit à une marche contre la culture patriarcale.

JUSTE POUR RIRE... DES GARS

Pourquoi est-ce que c’est correct de ridiculiser les hommes alors qu’on pousse les hauts cris quand un humoriste fait le début du tiers du commencement d’une remarque sur les défauts des femmes?

Rappelez-vous les hurlements contre Jean-François Mercier quand il avait osé faire une blague sur les contradictions des femmes, sur Facebook. Il s’était fait traiter de mononcle sexiste.

Mais comment on appelle ça, une femme qui rit des gars?