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Couillard et le manque de flair

Philippe Couillard
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Philippe Couillard manque de flair politique. Ce n’est pas un nouveau constat, mais il devient de plus en plus évident que c’est ce qui fait le plus mal à son gouvernement.

Il y a quelques mois, j’écrivais que je n’avais jamais vu une formation politique réussir à s’auto-pelure-de-bananiser autant que le PLQ de monsieur Couillard.

Force est de constater que la situation ne tend pas à s’améliorer.

Prenez cette semaine. Mardi avant-midi, j’étais dans les studios de LCN à Québec pour parler avec Mario Dumont. Puisqu’il était prévu que le caucus libéral prenne position sur la réintégration ou non du député Sklavounos, nous avions prévu parler de cela.

Je m’apprêtais à dire que le premier ministre avait bien géré dans l’ensemble une situation absolument inconfortable.  On pouvait même voir poindre le début d’une série de bons gestes posés par le gouvernement libéral. Bah, on ne parle pas d’une dynastie quand même, mais la gestion de la tuerie de la Mosquée de Québec, de l’exclusion de Pierre Paradis et du dossier Sklavounos envoyaient des signaux positifs.

En plus de ce que j’avais prévu dire lors de mon passage avec Mario Dumont, j’avais également l’intention d’écrire ma chronique du lendemain dans le Journal sous le même angle.

Quelques minutes avant mon intervention à LCN, le premier ministre se présenta en point de presse. Fort de la publication le matin même d’une lettre ouverte de Charles Taylor qui répudiait son travail du passé, il décida d’effectuer une charge à fond de train contre les partis d’opposition et contre quiconque n’est pas de son avis dans le dossier de la neutralité de l’État.

Il a comparé le fait de vouloir interdire le port de signes religieux chez les policiers, les juges et les gardiens de prison à une normalisation de la xénophobie. Assez incroyable.

Il a du même coup rejeté violemment la main tendue par ses opposants pour aller de l’avant avec ce qui semble faire l’objet d’un large consensus au Québec. Je ne reviendrai pas nécessairement sur le fond, mais plutôt sur la forme.

En y allant d’une sortie virulente et polarisante, monsieur Couillard aura tôt fait de mettre derrière lui le capital de sympathie qu’il avait accumulé au cours des dernières semaines.

D’après vous, de quoi ai-je parlé finalement avec Mario Dumont? Puis dans mon émission de radio avec Richard Martineau? Puis dans ma chronique du Journal?

Et je ne suis pas le seul. Autant les médias que les partis d’opposition n’ont eu d’autres choix que de sauter dans la mêlée. Le PM avait donné le ton, ils n’avaient qu’à sortir leurs instruments et suivre le rythme.

Philippe Couillard voulait mettre fin à un débat qui perdure depuis une décennie. Plutôt que d’y arriver, il a soufflé sur les braises de la partisanerie outrancière. Avec comme résultat que rien n’est réglé, bien au contraire.

Encore une fois, le gouvernement libéral se retrouve sur la défensive. Entêtement, arrogance, réflexes défaillants... Voilà les constats auxquels monsieur Couillard se rend vulnérable de par son attitude.

Et malheureusement, il n’a que lui à blâmer.