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Les batteries de Legault

Les batteries de Legault
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Premier à se plier à l’exercice «Cartes sur table» proposé par l’équipe de TVA et LCN, François Legault a répondu avec constance et conviction à toutes nos questions. Malgré les apparences, il se dit encore convaincu que la CAQ peut créer un ralliement général à la veille de la prochaine élection générale.

Impossible durant cette heure d’échange de ne pas lui demander s’il connaît certains moments de découragement ou de questionnement quant à son avenir. Il rebondit alors de son fauteuil pour insister sur sa détermination et son goût de reprendre le collier chaque matin.

Conclusion: François Legault opère sur des batteries rechargeables! Quand on le pense à plat, il repart.

À l’élection de 2012, il venait de fonder son parti avec les plus grands espoirs. Le résultat n’a pas été à la hauteur de ses attentes. Il se voyait premier ministre, il s’est plutôt retrouvé chef du deuxième parti d’opposition. Il s’est relevé.

Deux ans plus tard, à l’élection de 2014, il croyait encore possible de prendre le pouvoir. Il a plutôt frôlé la catastrophe puis a finalement sauvé la mise grâce à une fin de campagne réussie. Il a sauvé son parti... mais s’est néanmoins retrouvé à nouveau dans le rôle limité de chef du deuxième parti d’opposition à l’Assemblée nationale.

Fermer les livres ?

Au lendemain de cette élection difficile, nous étions plusieurs à douter de sa volonté à traverser un autre quatre ans. Or, le voici déjà en préparation de son troisième affrontement électoral. À moins d’un immense imprévu, il y sera à nouveau en 2018. Plus expérimenté, aussi convaincu.

Lors de notre rendez-vous diffusé mercredi, j’étais fasciné de savoir ce qui motive François Legault, ce qui le pousse par-dessus tout. Sa réponse: les jeunes du Québec méritent mieux que ce qu’on leur offre. On creuse un peu pour découvrir que deux priorités font vibrer le chef de la CAQ au point de remettre du jus dans ses batteries: l’éducation et le rattrapage des Québécois du point de vue de la création de richesse.

Ces priorités sont bonnes. Peut-être même les meilleures dans le contexte du Québec de 2017. Mais est-il imaginable qu’un parti qui tire de la patte dans les sondages opère le rattrapage avec ça? Pas mal moins sûr!

Dur à vendre

Historiquement, l’éducation comme priorité électorale a toujours fourni une catastrophe assurée au Québec. Les Québécois ne diraient jamais publiquement que l’éducation n’est pas une priorité. Mais dans l’isoloir, c’est traditionnellement ce qu’ils ont exprimé.

Quant au rattrapage en matière de richesse, la pente est encore plus abrupte. François Legault parle de créer plus d’emplois à 25, 30 ou 40 dollars l’heure plutôt que les emplois à la moitié de cela qui ont été la normalité dans les dernières années. Le plan de Legault pour y arriver se tient, mais il aura besoin de toute une équipe de marketing pour vendre ça aux Québécois comme étant faisable.

Un gars courageux et des idées valables, certes. Ces ingrédients peuvent-ils fournir la potion magique pour battre les libéraux apparemment invincibles? Grosse commande.