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Cours d’éducation financière: confusion et bras de fer syndical

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La confusion règne concernant le nouveau cours d’éducation financière prévu l’an prochain, alors que des syndicats d’enseignants qui s’opposent à ce changement menacent des commissions scolaires d’intenter des recours judiciaires si elles vont de l’avant.

En décembre, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a annoncé qu’un nouveau cours d’éducation financière sera obligatoire en cinquième secondaire dès l’automne prochain.

Or cette annonce a été dénoncée haut et fort par les syndicats d’enseignants, qui s’opposent à cette décision «irrespectueuse», «unilatérale» et considérée comme «illégale» puisque les changements requis au régime pédagogique n’ont pas encore été faits.

Résultats : les conseils d’établissement des écoles secondaires ne savent plus s’ils doivent inclure le nouveau cours d’éducation financière dans la grille-matières, ce qui contreviendrait aux dispositions du régime pédagogique présentement en vigueur.

«Il y a beaucoup de confusion sur le terrain. Est-ce qu’on est obligé ou pas de le faire?», lance Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents du Québec.

Pression des enseignants

Au cours des dernières semaines, des syndicats d’enseignants ont par ailleurs fait pression sur des commissions scolaires et des conseils d’établissements afin que le nouveau cours d’éducation financière ne soit pas inclus dans la grille-matière de l’année 2016-2017.

Le syndicat de l’enseignement de l’Ouest de Montréal a notamment rappelé à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys ses «obligations légales», en la menaçant d’intenter des recours juridiques si les dispositions du régime pédagogique n’étaient pas respectées, peut-on lire dans une missive obtenue par Le Journal.

Du côté de cette commission scolaire, des grilles-matières qui ne prévoient pas de place pour le nouveau cours d’éducation financière l’an prochain ont été adoptées. Sa porte-parole, Gina Guillemette, précise toutefois que des changements seront faits dès que le ministère de l’Éducation aurait fait les modifications réglementaires requises.

Le scénario est le même à la commission scolaire de Laval. «On a préféré être plus prudent» en respectant les dispositions présentement en vigueur dans le régime pédagogique, a affirmé sa présidente, Louise Lortie.

À la Fédération autonome de l’enseignement, on déplore ce flou administratif qui cause bien des maux de tête dans les écoles. «C’est le free for all, ce n’est pas vrai que tout va bien», lance son président, Sylvain Mallette. Il estime que cette directive ministérielle qui n’a pas été accompagnée de changements règlementaires en bonne et dûe forme est du «jamais-vu». «On fait les choses à l’envers dans la confusion la plus généralisée», ajoute-t-il.

Le son de cloche est semblable du côté de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ). «Les milieux sont déchirés, ils doivent choisir entre respecter le régime pédagogique ou suivre la consigne du ministre», affirme sa présidente, Josée Scalabrini.

De son côté, la Fédération des commissions scolaires est davantage préoccupée par la formation des enseignants, promise par le ministère de l’Éducation. «On est un peu en attente» à ce niveau, a indiqué sa porte-parole, Caroline Lemieux.

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, on indique que les modifications seront rendues publiques d’ici la fin de la semaine, afin qu’elles soient adoptées au plus tard à la fin avril, ce qui permettra de respecter les dispositions d’affectation prévues dans les conventions collectives des enseignants. «On va de l’avant», a répété l’attachée de presse Marie Deschamps.