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630 km pour des traitements de chimio

Des cancéreux de Baie-Comeau pourraient devoir se faire traiter à Saguenay

630 km pour des traitements de chimio
Photo Roger Gagnon, collaboration spéciale

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BAIE-COMEAU | Plusieurs centaines de patients de la Côte-Nord atteints de cancer pourraient être obligés de faire 630 kilomètres de route pour recevoir leur traitement de chimiothérapie, craignent des médecins spécialistes.

Les patients reçoivent actuellement leur traitement à Baie-Comeau puisque les hémato-oncologues de Rimouski, qui sont responsables de leurs dossiers depuis 25 ans, se rendent sur la Côte-Nord toutes les trois semaines pour les suivre.

Le reste du temps, les médecins généralistes de Baie-Comeau leur administrent leur chimiothérapie sous la supervision des spécialistes à distance.

Mais en raison du projet Optilab, qui vise à réduire le nombre de laboratoires de biologie médicale de 500 à 11 au Québec, les analyses de laboratoire de ces patients seront transférées à l’hôpital de Chicoutimi. Les patients devront donc changer de spécialistes et être suivis à Chicoutimi, une ville située à 315 kilomètres de Baie-Comeau.

Or, rien ne garantit actuellement que les hémato-oncologues de Saguenay iront voir leurs patients sur la Côte-Nord. Les hémato-oncologues de Rimouski craignent que ce soit plutôt les patients qui devront se rendre à Saguenay, parfois chaque semaine.

Le transfert est prévu dans deux mois.

La Dre Gabrielle Gagnon, chef du service d’hématologie pour la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent.
Photo courtoisie
La Dre Gabrielle Gagnon, chef du service d’hématologie pour la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent.

« Pas de contrôle »

«Tout ce qu’on peut espérer, c’est qu’ils conservent le modèle et qu’ils continueront de se déplacer au lieu de faire déplacer le patient, ce qui n’est présentement pas dans leur culture de travail», a dit la Dre Gabrielle Gagnon, chef du service d’hématologie pour la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent. «On n’a pas de contrôle là-dessus, on n’a reçu aucune garantie», a-t-elle affirmé.

De son côté, le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de qui relève l’hôpital de Chicoutimi, a indiqué ne pas pouvoir confirmer que les patients n’auront pas à faire la route.

Patients anxieux

Devant cette incertitude, la Dre Gagnon craint le pire pour certains des malades.

«Je pense sincèrement que s’ils ont besoin de se déplacer jusqu’au Saguenay pour recevoir leur chimio, certains patients vont décider de ne pas la prendre», a-t-elle dit.

Le groupe d’hémato-oncologues de l’Est-du-Québec déplore aussi le stress que ce changement impose aux patients.

«Nos dernières visites à Baie-Comeau étaient très émotives. Des patients ont pleuré, car il y en a à qui ça amène un niveau de stress assez important de savoir qu’ils devront changer d’équipe. Ils s’en vont vers l’inconnu et ils sont inquiets», a-t-elle dit.

Questionné sur la situation, le cabinet du ministre de la Santé Gaétan Barrette n’a pas encore répondu à nos questions.

Optilab

  • C’est un projet de réorganisation des laboratoires de biologie médicale du Québec
  • Réforme enclenchée en 2011
  • Fera passer le nombre d’unités de biologie médicale de 500 à 11 en province
  • Économies de 75 M$ estimées par le gouvernement
  • Entre 500 et 1000 emplois de technologistes médicaux seront perdus au Québec