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Manque de personnel: un octogénaire est forcé de rester cloué dans son lit toute une journée

Manque de personnel: un octogénaire est forcé de rester cloué dans son lit toute une journée
Capture d'écran - TVA Nouvelles

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SHERBROOKE - Un octogénaire handicapé a passé une journée entière cloué dans son lit, illustrant les effets très concrets du manque de personnel en CHSLD à Sherbrooke.

«Cette fois-là, la moutarde m'est montée au nez. Il manquait deux employés, qui n'avaient pas été remplacées. Alors ils ont dit à mon mari, vous allez devoir rester au lit toute la journée. Wow!...», déplore Françoise Desharnais, faisant référence à son époux, Alphonse Desharnais, 82 ans, amputé des deux jambes.

Sa conjointe constate que les soins qui lui sont prodigués sont souvent incomplets, voire même inexistants.

«Avant, mon mari n'était pas incontinent. Mais puisque c'est long avant que les préposés puissent l'amener, ils lui ont dit si tu n'es pas capable d'attendre, bien fais-le dans ta culotte. Elle est où la dignité dans ça? C'est rendu que ça fait peur de vieillir, il va falloir que ça change», raconte Mme Desharnais.

Depuis des mois, le manque de personnel se fait toujours sentir dans les établissements de santé. Un problème qui semble généralisé.

«Ça continue, mais je dirais que ça empire. Jour après jour, quand tu rentres sur ton unité et il manque du monde, c'est lourd», explique Sophie Thériault, représentante syndicale de la FIQ.

À bout de souffle, les employés souffrent eux-mêmes de plus en plus de problèmes de santé.

«Actuellement, il y a un grand taux d'absentéisme. Les arrêts de maladie pour des raisons psychologiques sont en augmentation. Et ce sont des absences à long terme, ça coûte cher au gouvernement», ajoute Mme Thériault.

La direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS assure que des solutions sont mises de l'avant afin d'éviter que la situation se reproduise.