/opinion/blogs/columnists
Navigation

Nos auteurs

DM spindoctors-01DM spindoctors-01

Non aux quotas de femmes

Marie Malavoy
Photo d'Archives Marie Malavoy

Coup d'oeil sur cet article

J’ai lu avec intérêt la proposition d’ex-élues, provenant de différents horizons et ayant comme leader Marie Malavoy, réclamant une loi afin d’obliger les partis politiques du Québec à présenter comme candidates un minimum de 40 % de femmes. Je m’oppose à cette proposition et je la trouve même, à la rigueur, irrespectueuse envers celles avec qui j’ai eu le plaisir de militer.

Objectif louable, mauvais moyen

Comprenez-moi bien, je vais le dire avec conviction : je suis fortement en faveur qu’il y ait à l’Assemblée nationale du Québec  une représentation féminine de 40 %, 50 %, 60 % et plus, OUI, OUI et OUI. Cependant, l’imposition d’un quota n’est pas le bon moyen pour parvenir à cet objectif.

Chacun des partis doit rester libre de choisir les candidates et les candidats qui les représenteront lors d’une élection. La pression médiatique fait en sorte que les leaders politiques sont sensibles à la question de représentativité.

Candidatures recherchées

J’ai été organisateur politique pour la CAQ. Souvent, j’ai eu à recevoir des curriculum vitae de nombreux aspirants députés. La réalité est que je recevais 20 applications d’hommes pour une seule de femme. Le parti pour lequel je travaillais souhaitait ardemment recruter des candidates, nous en sollicitions dans nos entourages respectifs. À compétences égales, parfois même légèrement inférieures, les candidates avaient préséance.

Les raisons de refus étaient multiples. La famille et les longues heures de travail étaient très souvent invoquées. En rétrospective, j’ose poser une question taboue. Et si la politique intéressait tout simplement moins les femmes que les hommes?

Est-ce que l’on verrait l’imposition de quotas dans des professions à forte concentration féminine tels qu’infirmier, enseignant, travailleurs sociaux et même médecins et avocats? Exigerons-nous que les universités québécoises accueillent 50 % d’hommes et 50 % de femmes? Bien sûr que non. Alors pourquoi la politique devrait-elle être différente?

La solution

Je crois beaucoup en la mission de l’organisme Groupe femmes, politique et démocratie. Leur mission est d’éduquer et de sensibiliser les femmes, à l’action citoyenne et démocratique, de promouvoir une plus grande participation des femmes à la vie politique.

En formant, éduquant et en démystifiant la vie de parlementaire, davantage de femmes décideront de se lancer dans le service public. J’en ai la profonde conviction.

Équité des chances

Mesdames, vous avez toutes les compétences, les qualités, les aptitudes pour exercer la profession de votre choix, incluant la politique. En cherchant un peu, nous trouverons toujours des situations où des hommes n’ont pas été équitables envers les femmes. Il n’y a pas de loi contre l’imbécilité et le manque de jugement. Cependant, nous ne sommes plus dans les années 70, ce n’est pas vous faire honneur que d’imposer des ratios. Le milieu politique vous est ouvert, autant qu’aux hommes.

Être une femme, la dernière chose que je voudrais, ce serait qu’on me choisisse pour mon sexe, et non pour mes compétences, pour remplir un quota imposé par une loi. Les femmes, en 2017, ne vivent pas dans un Québec macho et misogyne. Le Québec a beaucoup évolué depuis que des pionnières comme Marie-Claire Kirkland-Casgrain, Lise Payette et Pauline Marois se sont levées pour repousser les frontières de cette Assemblée Nationale, jadis réservée aux hommes. Bonne journée internationale de la femme.