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Bernard Drainville en «beau calvaire» contre les propos de Gabriel Nadeau-Dubois

Bernard Drainville en «beau calvaire» contre les propos de Gabriel Nadeau-Dubois
Photo d'archives, Simon Clark

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L’animateur et ex-politicien Bernard Drainville n’a pas digéré les propos du candidat à l’investiture solidaire dans Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, qui a mentionné vouloir «sortir la classe politique qui nous gouverne depuis 30 ans, car elle a trahi le Québec».

«Je suis très déçu, pis passablement en beau joual vert de lire votre déclaration d’à matin [...] Moi, je fais partie de la classe politique des trente dernières années. J’ai donné 10 ans de vie publique, moi! Je me suis battu notamment pour un financement à 100$ pour les partis politiques. [...] Je me suis battu contre les allocations de transition pour les députés qui sacrent leur camp avant la fin de leur mandat. Je me suis battu pour des élections à date fixe. Je me suis battu pour que les étudiants dans les cégeps et les universités aient le droit de vote. Je me suis battu avec le Parti québécois pour plein d’autres belles affaires comme fermer la centrale nucléaire de Gentilly et d’autres belles mesures et de me faire dire par Gabriel Nadeau-Dubois que j’ai “trahi” le Québec là... Je suis vraiment en beau calvaire! Ce n’était pas nécessaire ça, Gabriel Nadeau-Dubois, de commencer votre carrière politique officielle avec QS avec une déclaration comme celle-là», s’est-il insurgé dans son émission au FM93.

Avant même que M. Nadeau Dubois ait pu répondre, l’ex-député et ministre péquiste en a ajouté une couche.

«Les CPE, ça s’est fait dans les 30 dernières années, c’est une trahison du Québec ça les CPE? L’assurance médicaments, c’est une trahison du Québec? La paix des braves, c’est une trahison du Québec? Fermer Gentilly, la loi sur l’équité salariale, les congés parentaux, c’est une trahison du Québec Gabriel?», a-t-il demandé.

«Est-ce que je peux répondre?», a glissé celui qui brigue aussi le poste de porte-parole masculin de Québec Solidaire.

Gabriel Nadeau-Dubois
Gabriel Nadeau-Dubois
Photo Ben Pelosse/Journal de Montréal
Gabriel Nadeau-Dubois

Gabriel Nadeau-Dubois s’est dit «désolé» que Bernard Drainville ait pu être atteint par ses propos et il a tenu à préciser sa pensée.

«Je ne nie pas que depuis 30-40 ans, il y a eu plein de décisions politiques au Québec qui ont été de bonnes décisions. Je ne dis pas que 100% des décisions prises par 100% des députés depuis 30 ans ont été 100% mauvaises. Ça serait vraiment simplifier ma pensée que de me faire dire une telle chose. [...] Ce que j’ai voulu dire et peut-être que je me suis mal exprimé, c’est tout à fait possible, mais ce que j’ai voulu dire c’est que, de manière générale, la direction globale qu’a pris le Québec, a été, grosso modo, la même, que le gouvernement soit péquiste ou libéral», a-t-il expliqué.

L’ex-leader étudiant s’est par la suite appuyé sur l’exemple de «l’obsession du déficit zéro» pour appuyer ses dires.  

«C’a été un des grands dogmes de la politique québécoise depuis 30 ans, le fait de devoir, pratiquement à tout prix et le plus vite possible, atteindre le déficit zéro. On voit où ça nous a mené cette obsession-là. Ça nous mène aujourd’hui à un Québec, vous l’avez vu dans les journaux comme moi, avec un système d’éducation très mal en point, des écoles en ruines, particulièrement à Montréal, mais partout sur le territoire du Québec. Ça donne des enseignants surchargés avec 28, 29, 30, 33 élèves par classes. Ça donne un système de santé dysfonctionnel. [...] Je pense que c’est un sentiment qui est largement partagé au sein de la population et si je me présente pour Québec solidaire, c’est parce que je pense que ce parti-là est le seul qui peut provoquer un réel changement et pas un changement superficiel. Un changement de fond, un changement significatif», a-t-il indiqué.