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Explosion française

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Photo AFP

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On le sait, partout en Occident, la vie politique explose.

En juin 2016, les Britanniques ont voté pour la sortie de l’Union européenne, malgré la réprobation générale des médias et des élites économiques. C’était le Brexit.

En novembre, les Américains ont voté pour Donald Trump, qui prenait la pose antisystème.

Maintenant, c’est peut-être au tour de la France d’exploser. La vie politique française va de rebondissement en rebondissement. On peut à peine prédire ce qui se passera dans 48 heures.

Antisystème

C’est qu’une puissante vague antisystème semble déferler.

Traditionnellement, en France, le débat politique se fait entre la droite et la gauche.

La première était représentée ces dernières années par le parti Les Républicains. La seconde, plus éclatée, trouvait néanmoins son cœur politique au Parti socialiste.

Mais depuis 15 ans au moins, de plus en plus de Français rejetaient ce clivage, qu’ils croyaient artificiel. Les grands partis les représentaient de moins en moins.

Il se pourrait bien que cette contestation aboutisse en avril et en mai, lors des deux tours de l’élection présidentielle. Le système politique pourrait éclater.

À droite, François Fillon a vu sa candidature torpillée depuis quelques semaines. Les scandales lui tombent sur la tête l’un après l’autre. Il clame son innocence et se défend bien. Il a néanmoins baissé dans les sondages.

Un temps, on a cru qu’il devrait se retirer. Il a tenu bon. Il faut dire qu’il porte un vrai projet conservateur et ne se contente pas de mesures insignifiantes.

De son côté, le Front national de Marine Le Pen poursuit sa montée et pourrait bien arriver en tête du premier tour de la présidentielle.

Elle règne sur des thèmes chers à l’électorat, comme l’identité française ou la critique de l’immigration massive.

Elle porte toutefois comme un boulet son nom de famille et l’histoire de son parti. On l’associe au populisme.

À gauche, le Parti socialiste, représenté par Benoit Hamon, pourrait aussi se décomposer.

Sur sa gauche, il est concurrencé par Jean-Luc Mélenchon, un tribun exceptionnel qui redonne vie à l’anticapitalisme de combat.

Mais Hamon est aussi contesté au centre gauche par Emmanuel Macron qui propose une France réconciliée avec l’économie de marché et multiculturaliste.

C’est lui qui domine les sondages dans son camp, d’autant qu’il plaît à une partie de la droite patronale qui apprécie son éloge de la modernité économique.

Révolte

Que retenir à cette étape de l’élection présidentielle française? Qu’un peu partout, une classe politique usée est rejetée.

Les politiciens qui trop longtemps ont balayé sous le tapis les inquiétudes de la population sont rejetés.

Ceux qui veulent gagner l’attention de la population doivent d’abord promettre qu’ils renverseront la table.

Fillon l’avait fait avant de trébucher sur les questions éthiques. Le Pen le fait, Mélenchon le fait, Macron le fait aussi.

Chacun, à sa manière, promet sa révolution française.

On ignore qui gagnera. Notre époque explosive veut moins des politiciens rassurants que des politiciens en colère.