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1970 - Le FLQ sème la terreur

Pendant quelques mois, les militaires ont monté la garde devant les bâtiments gouvernementaux et assuré la protection des élus.
Photo d'archives Pendant quelques mois, les militaires ont monté la garde devant les bâtiments gouvernementaux et assuré la protection des élus.

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Même si la plupart des événements entourant le Front de libération du Québec (FLQ) se sont déroulés à Montréal dans les années 60, cette période de terreur a atteint son point culminant avec la crise d’Octobre de 1970 et a bouleversé le Québec en entier.

Cette période sombre de notre histoire a débuté par l’enlèvement de James Cross, attaché commercial de Grande-Bretagne à Montréal, le 5 octobre 1970. Elle devait se conclure le 28 décembre de la même année, par l’arrestation des meurtriers du ministre du Travail Pierre Laporte. Allant de rebondissement en rebondissement, il ne se passait pratiquement pas une journée sans que cette affaire ne fasse les manchettes.

 James Cross, diplomate britannique enlevé le 5 octobre 1970 et libéré le 3 décembre de la même année.
Photo d'archives
James Cross, diplomate britannique enlevé le 5 octobre 1970 et libéré le 3 décembre de la même année.

Loi des mesures de guerre

Après les enlèvements de MM. Cross et Laporte, la Loi des mesures de guerre fut décrétée par le gouvernement de Pierre-Elliot Trudeau, à la demande du premier ministre du Québec, Robert Bourassa.

Le 15 octobre, quelque 6000 soldats, provenant en grande majorité de la base de Valcartier, furent déployés à Montréal et à Québec, afin de sécuriser les bâtiments publics et protéger les personnalités politiques et les diplomates. Le lendemain, la police multiplia les perquisitions et procéda à l’arrestation de près de 500 personnes sans mandat, à la suite de la suspension temporaire des libertés civiles des Québécois.

Pierre Laporte,  ministre du Travail
Photo d'archives
Pierre Laporte, ministre du Travail

Mort et libération

Le 17 octobre, le corps de Pierre Laporte fut retrouvé. Trois de ses ravisseurs, Paul et Jacques Rose, de même que Francis Simard, furent capturés dans une maison de campagne le 28 décembre suivant. Le quatrième, Bernard Lortie, avait été appréhendé le 6 novembre. Le dernier membre du quatuor à recouvrer sa liberté, Paul Rose, est sorti de prison en septembre 1982.

Découverte du corps de Pierre Laporte dans le coffre d’une voiture
le 17 octobre 1970 à Saint-Hubert.
Photo d'archives
Découverte du corps de Pierre Laporte dans le coffre d’une voiture le 17 octobre 1970 à Saint-Hubert.

Quant à James Cross, il fut libéré le 3 décembre, après que cinq de ses ravisseurs eurent obtenu un sauf-conduit pour Cuba. À leur retour, dans les années 80, ils devaient être condamnés à quelques années de détention.

Le 4 janvier 1971, les militaires regagnèrent leurs quartiers sur la base de Valcartier.

Bilan

Le FLQ a été fondé en 1963. En une dizaine d’années d’activités, on lui attribue quelque 200 attentats à la bombe, de nombreux vols d’armes et de banques, ainsi que deux enlèvements.

Ses actions ont causé la mort de neuf personnes, dont trois membres du FLQ, et plusieurs dizaines de blessés, certains grièvement.

L’attentat le plus spectaculaire du groupe terroriste fut l’explosion d’une bombe qui a fait une trentaine de blessés et plus d’un million de dollars de dommages en février 1969 à la Bourse de Montréal.

À Québec, les statues de la reine Victoria et de Wolfe ont été détruites en 1963 et quelques bombes ont été désamorcées au milieu des années 60 sur les plaines d’Abraham, près du Parlement et au Château Frontenac. L’une d'elles a explosé en 1965 au quartier général de la GRC à Québec, sans faire de blessés.

La présence de l’armée dans la ville du 15 octobre 1970 au 4 janvier 1971 n’a causé aucun incident.

CHRONOLOGIE
1970 Octobre
  1. Enlèvement de James Cross
  2. Manifeste du FLQ publié dans les journaux
  3. Arrestation de 30 personnes
  4. Lecture du manifeste du FLQ à la télévision
  5. Claude Ryan, au Devoir, suggère au gouvernement de négocier
  6. René Lévesque, chroniqueur au Journal de Québec et au Journal de Montréal, invite les ravisseurs à renoncer à la violence
  7. Lettre de Pierre Laporte qui demande au premier ministre Robert Bourassa de négocier
  8. Des soldats à Ottawa pour protéger lieux publics et politiciens
  9. Les négociations sont rompues
  10. Des personnalités publiques du Québec enjoignent le gouvernement de négocier
  11. Robert Bourassa demande l’aide de l’armée pour appuyer la police et sécuriser les lieux publics
  12. La Loi des mesures de guerre est promulguée par Ottawa, les libertés civiles des Québécois sont suspendues et des centaines de personnes sont arrêtées
  13. Pierre Laporte est retrouvé mort
Décembre
  1. Adoption d’une loi temporaire sur l’ordre public à Ottawa, jusqu’au 30 avril 1971, qui retire les pouvoirs accordés aux policiers, comme les perquisitions et les arrestations sans mandat, mais qui conserve l’état d’urgence
  1. James Cross est libéré
  1. Les ravisseurs de Pierre Laporte sont tous arrêtés

* Sources : Journal de Québec et Wikipedia