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Candidat aux élections présidentielles en France

Candidat aux élections présidentielles en France
Photo courtoisie

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Après avoir raconté son enfance enfermée dans l’autisme dans L’Empereur, c’est moi, le comédien français Hugo Horiot partage son vécu d’autiste adulte – et nouveau papa – dans un ouvrage coup-de-poing, Carnet d’un imposteur. Il vient également d’annoncer qu’il sera candidat aux prochaines élections présidentielles en France.

De passage au Québec pour une tournée de promotion, Hugo Horiot livre ses réflexions sans détour en entrevue et rappelle à quel point son identité d’autiste a été même remise en question en France. Son témoignage est pertinent, très cru. À l’école, il a énormément souffert.

«En France, on est dans un système très ghettoïsant par rapport à la différence. Donc, quand j’étais en classe, à l’école, les profs eux-mêmes m’appelaient «le cerf-volant». Du coup, c’est pas ce qui va inciter les élèves à être sympas avec moi!, partage-t-il, en entrevue.

«On détermine une espèce de moule, et ce n’est pas le système qui s’adapte aux différences et aux individus. On veut formater les individus pour qu’ils s’adaptent au système. C’est pas basé sur l’égalité, mais c’est de l’égalitarisme: tout ce qui s’éloigne de ce qu’on appelle un programme ou un standard est bon à jeter.

«Pour vous donner un exemple, un enfant qui, à 4 ans, se balance un peu trop sur sa chaise et se pose des questions sur le système solaire, au lieu d’avoir envie de jouer avec ses copains dans la cour avec un ballon, on va avoir tendance à l’exclure du système. À le mettre en institut spécialisé. Alors que, finalement, est-il vraiment inapte à avoir une vie sociale?»

Hugo Horiot<br>
Carnet d’un imposteur. Les Éditions de l’Homme, 144 pages.
Photo courtoisie
Hugo Horiot
Carnet d’un imposteur. Les Éditions de l’Homme, 144 pages.

Neurodiversité humaine

Aujourd’hui, Hugo Horiot milite pour l’accompagnement, pour la neurodiversité humaine plutôt que pour la prise en charge. «Quand vous avez un diagnostic, c’est bien de l’avoir quand ça débouche sur un protocole approprié, sur un accompagnement pour vous aider à être acteur de la société. Mais quand ça débouche sur une stigmatisation et une discrimination, c’est très compliqué.

«En France, c’est à la mode de dire que l’autisme, c’est un handicap qu’il conviendrait de prendre en charge. Et moi, personnellement, et avec d’autres, on affirme que non: c’est une part de la neurodiversité humaine. C’est un fonctionnement cérébral différent qui a tout à fait sa place dans le monde et qui nécessite un accompagnement peut-être différent. J’aurais tendance à ne pas militer pour une prise en charge, mais pour un accompagnement.»

Campagne présidentielle

Très engagé politiquement pour la reconnaissance et l’intégration des autistes en France, Hugo Horiot a annoncé sur Twitter qu’il posait sa candidature aux élections présidentielles de France.

Le premier tour aura lieu le 23 avril. Il compte représenter les 300 000 à 500 000 autistes de France sous le slogan «Un destin pour tous!».


» Hugo Horiot est comédien. Dans L’Empereur, c’est moi, son premier livre, il a raconté son enfance marquée par l’autisme.

» Le livre a été adapté en pièce de théâtre.


« On détermine une espèce de moule, et ce n’est pas le système qui s’adapte aux différences et aux individus. On veut formater les individus pour qu’ils s’adaptent au système. C’est pas basé sur l’égalité, mais c’est de l’égalitarisme »

–Hugo Horiot

EXTRAIT

«Je joue. Je suis un professionnel. Je suis un comédien.

Hier, la foule me piétinait. Aujourd’hui, elle m’applaudit. Pour les mêmes raisons. Qui est le plus fou, dans cette histoire? Eux ou moi? Nous sommes si changeants. Les regards que l’on me porte ont changé parce que j’ai changé. J’ai appris à mettre un masque sur ma différence. Dissimulation? Imposture? Non. Survie. Je me suis adapté.

Un jeu. La comédie sociale est avant tout comédie. Y jouer mon rôle. Vendre du rêve et de l’espoir. Je sais vendre de l’espoir.

Le mien n’existe pas, alors je suis forcé de le réinventer tous les matins, en me rasant.»

— Hugo Horiot,

Carnet d’un imposteur