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«Difficile d’être éloigné des gens que j’aime»

Alex Harvey motivé à conclure sa saison à Québec la fin de semaine prochaine

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Se faire accueillir par des cris de joie et des accolades, Alex Harvey avait vécu une grande pratique lors de sa victoire aux championnats du monde en Finlande. Dimanche, il a su exactement comment se comporter à son retour à l’aéroport de Québec !

De sa copine et sa famille jusqu’aux enfants handicapés de l’organisme Laura Lémerveil qu’il soutient, le champion du monde s’est vu servir un marathon d’amour à la vitesse d’un sprint quand les portes vitrées de l’aérogare se sont ouvertes devant lui. La longue série de vols depuis Oslo et la Norvège venait soudainement d’être oubliée.

«Quand ça s’est confirmé que les finales auraient lieu à Québec, j’étais excité à l’idée de revenir le 12 mars. Chaque semaine que ça approche, tu as de plus en plus envie de revenir à la maison. Je suis parti depuis le 5 novembre. C’est ça qui est le plus difficile pour moi. C’est d’être éloigné des gens que j’aime, puis de chez moi, d’être dans mon lit et dans mes affaires. Plus la saison avançait et plus j’avais hâte», a avoué le meneur de l’équipe canadienne, avec sa médaille d’or du 50 km au cou.

Agenda contrôlé

Harvey deviendra l’épicentre d’une secousse sismique sur les plaines durant la fin de semaine prochaine. Troisième au classement général, ces finales de la Coupe du monde pourraient lui permettre de sécuriser sa place sur le podium, en raison du format des trois courses qui lui convient bien.

À son arrivée, il a répété que le travail n’était pas encore terminé et qu’il lui fallait se trouver dans les meilleures dispositions pour l’affronter.

On le devine, son agenda des prochains jours sera réglé comme celui d’un premier ministre. Les trois prochaines journées à la maison, à Saint-Ferréol, loin de la ville, s’imposent comme la première borne pour recharger les batteries.

«Il va y avoir des demandes, mais ça va être bien contrôlé. Le reste du temps, ce ne sera pas si différent des autres Coupes du monde. En même temps, il faut savoir utiliser cette ambiance et cette excitation pour me donner de l’adrénaline.»

Un rare privilège

Le skieur québécois rentre chez lui pour conclure ce qu’il a qualifié de sa «meilleure saison en carrière».

À ses côtés, son grand ami et coéquipier Devon Kershaw peut mieux que quiconque mesurer la valeur d’un retour chez les siens. Durant la dernière semaine, il a enfin retrouvé dans leur résidence d’Oslo sa conjointe et leur petite Asta Isabelle, âgée de six semaines.

«On n’a pas de chance comme ça», dit-il au sujet de ce privilège de courir dans sa ville. «On est parti cinq mois par année. C’est une jolie vie que j’aime beaucoup, où on voit beaucoup de choses, mais quand tu gagnes le Championnat du monde, c’est un gros coup quand tu rentres à la maison pour pouvoir le partager avec ta famille et tes amis.»

« Chaque fois que je mets un dossard, je “tripe” »

Quand Tyumen s’est désistée pour les finales de la Coupe du monde et que Québec est apparue dans le décor, le skieur le plus concerné a évidemment bien accueilli la nouvelle. Même s’il s’était déjà fait à l’idée d’un petit détour en Russie.

«Il y en a qui sont écœurés en fin de saison de faire des courses, mais moi, honnêtement, chaque fois que je mets un dossard, j’ai le goût. Je “tripe”. C’est pour ça que je m’entraîne à longueur d’année. Ce n’est pas lourd, de faire des compétitions. Ç’aurait été plus difficile de finir en Russie, mais j’aurais réussi à avoir du plaisir quand même», avoue Alex Harvey.

Une autre dernière chance

Les traits tirés par le long voyage au lendemain du 50 km d’Oslo, Devon Kershaw dit savourer tout autant que son pote Harvey le privilège de participer à des épreuves de Coupe du monde à Québec.

«Je ne suis plus aussi jeune et l’an dernier, quand j’étais à Canmore et au Québec, je pensais que c’était la dernière chance pour moi de faire des compétitions internationales ici. L’année prochaine, c’est sûr qu’on n’aura pas la même chance parce qu’il y aura les Jeux olympiques et en 2019, je pense que ce sera fini pour moi», dit l’Ontarien de 34 ans.

Un flot de messages

Les six années qui séparent sa médaille d’or remportée au sprint par équipe avec Devon Kershaw en 2011 et celle récente du 50 km en Finlande permettent d’illustrer la prolifération des réseaux sociaux.

«J’en ai reçu plus qu’au sprint par équipe, surtout au niveau international, soit sur Instagram ou Twitter. Souvent, c’est dans un langage que je ne comprends pas! C’est surtout parce qu’il est question du 50 km qui est l’épreuve-reine et que c’est une épreuve individuelle. Sur la ligne, à côté du résultat, c’est ton nom qui apparaît», sert le Québécois comme explication.

Le devin Devon

Devon Kershaw se souvient d’un 50 km disputé à Trondheim, en Norvège, le 14 mars 2009, lorsqu’un skieur recrue de 20 ans avait terminé troisième et lui septième.

«C’est lui qui m’avait cassé les jambes!» se souvient-il d’Alex Harvey.

Alors qu’il s’apprêtait à connaître les meilleures années de sa carrière, Kershaw se doutait bien que son jeune coéquipier allait atteindre des succès inégalés dans l’histoire canadienne.

«Quand tu gagnes une médaille dans une Coupe du monde à l’âge de 20 ans, tu sais qu’il y a quelque chose de vrai qui s’en vient», évoque-t-il.