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Les citoyens manifestent contre Anacolor

Ils protestent contre les odeurs émises par l’usine de peinture

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Environ 250 personnes ont marché dans les rues de Cap-Rouge pour faire pression sur l’usine de peinture Anacolor, dont les odeurs de solvant empêchent parfois les enfants de sortir à la récréation.

Les citoyens ne sont pas rassurés, même si les données du ministère de l’Environnement présentées vendredi révèlent que, selon les derniers tests, les émanations ne contreviennent pas aux normes environnementales.

«L’usine était au courant que le ministère allait venir prendre des échantillons. L’usine pouvait très bien diminuer sa production. Est-ce qu’on a le vrai portrait? Moi, je ne suis pas convaincue», dit l’organisatrice de la marche, Marie-Claude Rousseau.

Le député de La Peltrie à la Coalition avenir Québec, Éric Caire, également présent, croit lui aussi qu’il faut se méfier d’un seul résultat favorable, après huit avis de non-conformité, dont le dernier remonte au 8 février 2017.

«Est-ce qu’Anacolor a levé le pied? Est-ce que les échantillons ont été pris dans des contextes représentatifs?» se questionne-t-il, précisant que de forts vents ou de la pluie peuvent influencer les résultats.

Odeurs

La citoyenne Karine Pinard, de Cap-Rouge, a pris part à la marche avec sa fille Lili-Rose Lévesque, qui ira l’an prochain en maternelle à l’école Marguerite-D’Youville, un des établissements exposés aux odeurs de solvant. Celles-ci donnent parfois des maux de tête ou de cœur aux enfants.

«Je crois que c’est important de venir ici pour faire de la pression, pour que ça change, que les enfants de l’école respirent du bon air et qu’ils puissent aller en récréation comme tous les autres élèves des autres écoles», dit-elle.

Mathieu Henri, un autre résident du secteur, est également inquiet pour l’avenir de ses deux filles, âgées de 1 et 2 ans.

«On a tous entendu [...] que les enfants étaient obligés de rester à l’intérieur pour la récréation. Ce n’est pas le genre de truc qui arrive à nos enfants», dit-il.

Suspension

Le ministre de l’Environnement David Heurtel a par ailleurs émis un avis préalable de suspension de son certificat d’autorisation.

La députée péquiste de Taschereau Agnès Maltais croit qu’une suspension forcée pourrait être nécessaire.

«Ce serait dommage, honnêtement, mais si c’est la seule façon de faire réagir les propriétaires, il va falloir qu’il le fasse», dit-elle.

Le ministère de l’Environnement et les dirigeants de l’usine ont par ailleurs rendez-vous devant le Tribunal administratif du Québec lundi puisque les dirigeants d’Anacolor contestent le certificat d’autorisation qui les oblige à réduire de 90 % les émissions polluantes de l’usine.