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Les soleils dans la tempête

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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On a eu une dure semaine au Québec, avec l’hiver qui nous a violemment rappelé qu’il ne cédait pas encore sa place au printemps, les drames qui ont marqué l’actualité et les politiciens malcommodes qui ne prennent pas leurs responsabilités.

N’empêche. J’ai envie de parler des gens qui ont élevé leur jeu cette semaine. De celles et de ceux qui nous ont donné des raisons d’être fiers.

Trou noir 2017

Chez nous, à Limoilou, on y a goûté. Comme à Charlesbourg et à Vanier, des milliers de familles ont été privées d’électricité pendant plus de vingt-quatre heures.

Personnellement, j’ai été vraiment chanceux, ma résidence n’a pas manqué de courant. Dans le petit bureau pour travailleurs autonomes que j’opère, toutefois, le trou noir a duré 36 heures.

Les gens n’ont pas pu venir travailler et on a jeté une pinte de lait. Pas un gros trouble. Rien comme les mamans et les papas qui ont dû gérer des enfants qui ont froid et qui ont faim, dans un quatre pièces et demie de la 10e Rue, ou une automobile sur l’autoroute 13.

Fierté

N’empêche, j’étais très content, jeudi matin, quand j’ai aperçu les camions de l’Hydro, par la fenêtre de mon local.

Je me dirige à l’extérieur pour saluer les travailleurs. Aussitôt, je vois sortir une tête coiffée d’un casque jaune que je reconnais.

« Joël ? Qu’est-ce tu fais icitte ? »

Mon cousin est monteur de lignes chez Hydro-Québec. Basé à Chicoutimi, on l’a mis sur la route dès mardi soir. Lui et ses collègues ont passé la journée de mercredi, puis celle de jeudi, à rebrancher du monde, dans le vent et la neige, puis dans le noir.

J’étais très fier et content que le hasard ait envoyé mon propre cousin pour me rendre la lumière!

Gardiens silencieux

Au sortir de la fin de cette drôle de semaine, je n’ai pas envie d’être fâché contre des ministres. Je veux penser aux gardiens silencieux qui en ont fait un peu plus pour rendre ça moins grave.

Je veux penser à Michel Jobidon, notre épicier de quartier, qui a dormi dans son IGA et qui a pleuré parce qu’il devait jeter du stock, dans un secteur où il y a tant de pauvreté. Je pense à ses employés qui sont rentrés tôt jeudi matin parce qu’ils savaient que dès que le courant reviendrait, les gens auraient besoin de leur épicerie.

Je pense aux citoyens qui ont accueilli des voisins. Aux ambulanciers qui ont pelleté des entrées pour aller soigner du monde. Aux pompiers qui, n’en faisant qu’à leur tête, sont allés secourir les gens sur la 13.

Dans les tempêtes, climatiques comme politiques, on peut choisir de ne voir que les arrogants bancs de neige qui s’écrasent dans nos stationnements.

On peut aussi choisir de voir ces soleils qui percent les nuages et qui rendent notre vie un peu meilleure.