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Des cégépiens vont couper des cornes de rhinocéros en Afrique

Cette pratique permet de protéger ces animaux en voie d’extinction contre les braconniers

Les rhinocéros sont chassés par les braconniers pour leurs cornes, même dans les parcs nationaux d’Afrique du Sud.
Photo courtoisie, Motsumi Wild Les rhinocéros sont chassés par les braconniers pour leurs cornes, même dans les parcs nationaux d’Afrique du Sud.

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Des cégépiens vivront l’expérience de leur vie en s’envolant pour l’Afrique du Sud, où ils iront décorner des rhinocéros qui, sinon, risqueraient d’être tués par des braconniers.

Pas moins de 13 finissants en santé animale du Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse se rendront dès le 9 avril près de la ville de Pretoria, en Afrique du Sud.

Pour la première fois, des cégépiens auront la chance de scier des cornes de rhinocéros qui auront été préalablement endormis.

Les étudiants, qui séjourneront en Afrique du Sud pendant un mois, espèrent ainsi que les animaux auront la vie sauve puisque, sans cornes, ils n’intéresseront plus les braconniers.

Ces mammifères sont en danger d’extinction parce qu’ils sont chassés pour leurs cornes. Celles-ci sont vendues au marché noir, surtout en Asie, où on leur prête des vertus aphrodisiaques. La vente de cornes de rhinocéros est cependant interdite par des traités internationaux.

Entreposer

Le 6 mars, un rhinocéros a d’ailleurs été abattu pour ses cornes dans un zoo en France. Selon France Info, un kilo de corne de rhinocéros peut se vendre 60 000 euros (86 000 $).

Le vétérinaire qui recevra les finissants, le Dr David Pretorius, de l’Association Motsumi Wildlife, explique que les cornes seront majoritairement entreposées pour être vendues un jour, lorsque leur commercialisation sera de nouveau légalisée.

Autrement, il soutient que les cornes sont détruites.

De son côté, le coordonnateur de stage et enseignant au département des techniques de santé animale Serge Nadeau précise que ces cornes sont composées de kératine et non d’ivoire, comme c’est le cas pour les éléphants.

Les rhinocéros sont chassés par les braconniers pour leurs cornes, même dans les parcs nationaux d’Afrique du Sud.
Photo courtoisie, Motsumi Wild

Tirer le dard

De plus, les stagiaires apprendront les techniques de tir pour anesthésier les animaux sauvages et les relocaliser, les étudier ou les soigner.

Ils participeront à une étude scientifique sur les protocoles anesthésiques sur des antilopes rouannes de même que sur des antilopes sable dans la réserve naturelle de Tswalu, consacrée à la conservation et à la recherche.

«Cette expérience élargira les contextes de travail [dans lesquels] les étudiants pourraient œuvrer par la suite, comme [...] dans un zoo, par exemple», ajoute le professeur Nadeau.

Prélèvement d’échantillons sanguins, capture d’animaux de grande taille et recherche scientifique menée par le département de pharmacologie de la faculté de sciences vétérinaires de l’Université de Pretoria feront partie du programme durant le séjour des étudiants de l’établissement de Sainte-Thérèse.

Enrichissant

Amylie Collin, finissante en santé animale au Collège Lionel-Groulx, n’aurait jamais laissé passer cette chance de côtoyer les animaux sauvages.

«C’est vraiment excitant, ça fait longtemps que j’attends de partir. Je vois ça comme une façon d’aller approfondir nos connaissances. D’aller voir comment notre métier se fait ailleurs dans le monde. Ce sera très enrichissant», affir­me-t-elle.

Chacun des étudiants doit amasser 6500 $ pour pouvoir faire ce stage en Afrique. Ils ont organisé plusieurs activités de financement.

Espèce en danger

  • Moins de 20 000 rhinocéros dans le monde, dont 80 % en Afrique du Sud
  • Il y en avait plus de 1 million en 1800
  • Trois rhinocéros tués par jour par les braconniers en 2016
  • La vente des cornes est totalement interdite par des traités internationaux. L’Afrique du Sud pourrait cependant permettre la vente à l’intérieur du pays sous peu.

Source Rhino International et TRAFFIC