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Québec vibre pour le ski

Des milliers de spectateurs étaient sur les Plaines hier, créant au passage des retombées majeures dans la région

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Les astres se sont vraiment alignés pour une fin de semaine de ski de fond parfaite à Québec et les retombées seront au rendez-vous pour la région qui vibre littéralement au rythme des Alex Harvey et compagnie depuis vendredi.

Le maire de Québec était tout sourire hier, lors de son passage sur les plaines d’Abraham, à l’occasion de la deuxième journée de la finale de la Coupe du monde FIS.

Subjugué par le site, plus que satisfait de l’efficacité des organisateurs et surtout heureux de l’engouement suscité, Régis Labeaume n’avait que de bons mots pour l’événement majeur que sa ville accueille pour une deuxième année consécutive.

«On a eu de la neige en abondance, Alex a gagné [vendredi] et, là, on a un soleil magnifique. Je ne sais pas ce qu’on peut demander de plus. Ça va amener du tourisme, j’en suis certain. C’est mathématique. Il y a 10 pays qui diffusent en direct, c’est une visibilité incroyable.»

Le président de Gestev se félicitait aussi des retombées qu’engendrera une réussite comme celle-là. «S’agit juste de regarder la foule. Il y a du monde partout, les rues sont pleines et les gens s’amusent. C’est toujours bon de voir ça», soulignait Patrice Drouin.

2 M$ en retombées touristiques

Un peu partout en ville, commerçants, hôteliers et restaurateurs se réjouissaient de la tenue d’un autre événement hivernal majeur.

Le directeur de l’Office du tourisme de Québec estime à 2 M$ les retombées touristiques de ce week-end.

«On a investi 150 000 $ dans le montage financier et, si on le fait, c’est qu’on considère que les retombées justifient l’investissement. On prévoit 40 000 touristes, c’est très intéressant pour tout le monde», explique André Roy.

Commerçants aux anges

Il fallait voir la Grande Allée hier, après le 15 km chez les hommes, pour saisir l’ampleur de l’événement. Des milliers de personnes quittaient le site et empruntaient l’artère commerciale qui grouillait d’activité. Tout pour satisfaire les commerçants du secteur.

«On a doublé notre staff, en comparaison avec un samedi normal. La proximité du site permet aux gens de venir manger ou prendre un verre avant ou après les courses, c’est idéal. C’est un très bel événement dans une période habituellement plus tranquille», se réjouissait le propriétaire de l’Inox, Philippe Desrosiers.

Les hôteliers du secteur ont eux aussi observé une hausse de leur achalandage pour une période qui est normalement plus calme. Après la semaine de relâche, cette Coupe du monde venait donner un dernier petit souffle aux dernières semaines de l’hiver.

– Avec la collaboration de Roby St-Gelais

Les retombées de la Coupe du monde en chiffres

  • 40 000 touristes attendus
  • 150 athlètes et leurs équipes
  • 2 M$ en retombées pour l’industrie touristique
  • 4 M$ en retombées économiques totales
  • Diffusion des compétitions en direct dans 10 pays
Source: Office du tourisme de Québec
 

Volonté d’implanter une épreuve fixe à Québec

Patrice Drouin, Président, Gestev
Photos Pascal Huot
Patrice Drouin, Président, Gestev

L’engouement pour la Coupe du monde de ski de fond sur les plaines d’Abraham et le site à couper le souffle ouvrent la porte à une épreuve permanente à Québec au cours des prochaines années, aux dires des organisateurs.

Ce n’est plus un secret pour personne, Patrice Drouin et l’équipe de Gestev aimeraient bien organiser un événement ponctuel en collaboration avec la Fédération internationale de ski. «On veut aller chercher un événement tous les deux ans. Le calendrier est très établi avec des sites classiques en Scandinavie, alors il faut être cohérent dans notre proposition», précise le président de Gestev.

Cette proposition permettrait à l’organisation de se préparer et de ne plus devoir organiser un événement à la dernière minute comme ce fut le cas cette année, ce qui ferait toute une différence. «On pourrait acquérir de l’équipement qui nous permettrait de mieux accueillir les courses, avoir un planning et mieux gérer ce marché émergent qu’est le ski de fond en Amérique», ajoute M. Drouin.

Volonté du côté de la FIS

Du côté de la Fédération, la possibilité d’une épreuve fixe à Québec est bien réelle, notamment en raison de l’accueil réservé à l’organisation par la Vieille Capitale.

«On se sent toujours bien accueilli ici. C’est un site atypique par sa proximité de la ville et c’est quelque chose qu’on voit trop rarement sur notre circuit», admet le directeur de course de la FIS, Pierre Mignerey, ajoutant que la Fédération envisage de tenir une vraie Coupe du monde sur tous les continents.

Ce dernier précise toutefois que beaucoup de travail reste à faire, notamment au niveau de la négociation avec des pays qui tiennent déjà des épreuves en fin de saison. Si certains présentent une ouverture à être déplacés ailleurs dans le calendrier, d’autres seraient plus réticents. «On discute avec les fédérations scandinaves depuis quelques années, mais j’ai bon espoir qu’on y arrive», estime M. Mignerey.

Le public littéralement sous le charme

Des milliers de spectateurs quittaient les plaines d’Abraham avec le sourire aux lèvres, complètement charmés par cette autre finale de la Coupe du monde de ski de fond à Québec, qui devient une destination de choix pour les amateurs de la discipline.

L’effet Alex Harvey avait évidemment fait son effet sur la foule, mais l’engouement du public va au-delà des performances du Québécois ce week-end sur les plaines. Il n’y a pas de doute, le Québec prend goût au ski de fond.

«C’est extraordinaire de voir autant de monde aujourd’hui pour du ski de fond. C’est surprenant, mais je crois que cet engouement-là pourrait rester. De voir des compétitions de cette envergure ici, c’est une motivation pour nos jeunes de travailler encore plus fort et de s’intéresser au sport», croit Yves Durand, un amateur venu de Gatineau pour l’événement.

En compagnie de sa petite famil­le, Patrick Durand s’enchantait de voir une épreuve de si haut calibre en pleine ville. Amateur de sport en général plus que de ski de fond, le résident de Trois-Rivières était malgré tout excité à l’idée d’assister à une étape de la Coupe du monde. «On marche à côté d’athlètes olympiques en arrivant sur le site. C’est impressionnant. On peut voir les skieurs de tellement près, c’est vraiment accessible.»

Événement d’importance

Les spectateurs vantaient les charmes du site, la proximité avec les athlètes et l’ambiance électrisante qui régnait durant les courses. Croisé par Le Journal, un amateur américain insistait sur l’importance d’un événement comme celui-ci en Amérique du Nord et sur les retombées pour la région.

«C’est très spécial d’avoir ça dans notre cour. Nous avons besoin d’une Coupe du monde à Québec chaque année, rien de moins. En plus que tout est gratuit pour voir les athlètes. Nous sommes sept familles à venir du New Hampshire pour le week-end, c’est excellent pour la région de Québec sur le plan touristique», soulignait Jay Davis, venu avec les membres de son club de ski.