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« Transparlementarisme »

« Transparlementarisme »
Dario Ayala / Agence QMI

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La nouvelle chef du Bloc québécois a inventé un nouveau concept, le « transparlementarisme » pour dire autrement qu’elle n’a pas les moyens financiers de cesser d’être députée à l’Assemblée nationale. Soutenant sans broncher cette nouvelle idéologie, elle passe à la trappe les gens qui osent critiquer son choix douteux et les assimile à des quasi hérétiques qui ont succombé aux discours fédéralistes ambiants. Des indépendantistes notoires, y incluant Jean-François Lisée, n’échappent pas à l’anathème de la chef et sont vilipendés.

Martine Ouellet appelle à l’union des forces indépendantistes tout en excommuniant les personnes qui ne partagent pas sa vision. Elle manifeste le même entêtement qui la caractérisait comme députée dans le caucus péquiste et cela nous permet de mieux comprendre le total manque d’appui de ses collègues députés lors de sa course à la chefferie du Parti québécois. Son couronnement à la tête du Bloc a été fait sans tambour ni trompette, pressée qu’était sa garde rapprochée d’éviter toute candidature plus pragmatique ou plus nuancée sur les stratégies à déployer pour faire progresser l’option.

Certains vieux routiers du Bloc s’inquiétaient que le parti soit de plus en plus noyauté par des militants d’Option nationale (ON) lorsque Martine a annoncé sa candidature. Leurs craintes se sont avérées réelles si je me fie à ce qu’on m’a rapporté du rassemblement qui consacrait l’intronisation de la nouvelle chef. Les grands bâtisseurs et ex-députés vedettes du Bloc n’étaient pas au rendez-vous lors de cette consécration. C’est environ 200 personnes qui ont assisté au couronnement. La plupart était des jeunes militants identifiables à l’ON et des militants plus âgés proches de la Société Saint-Jean-Baptiste, ancien fief du député et président du Parti Mario Beaulieu. Un rassemblement d’indépendantistes pressés qui semblent déconnectés du scepticisme de la majorité des Québécois.

Plusieurs croyaient que le Bloc pouvait être le centre de convergence du mouvement indépendantiste et contribuer à atténuer les différends entre les multiples factions, il apparaît que ce ne sera pas le cas dans l’immédiat. Le chef du Parti québécois pourra emprunter au manifeste de la CSN de 1971 « Ne comptons que sur nos propres moyens » pour planifier la prochaine campagne électorale, car les signaux de convergence se révèlent faibles et les factions plus enclines à se cannibaliser ces jours-ci.

À défaut d’être contributif dans l’union des indépendantistes, plusieurs espèreront que le Bloc ne se transforme pas en nouvelle force de nuisance contre le PQ, alors qu’il est incertain que la formation politique de madame Ouellet survive à la prochaine élection fédérale.