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L’agresseur allégué serait doux comme un agneau

La sœur de l’ex-coach a témoigné pour sa défense

Bertrand Charest
Photo d'archives Bertrand Charest

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L’ex-coach Bertrand Charest est le genre d’homme à se lever la nuit pour sauver un agneau, a témoi­gné sa sœur lundi. Un portrait qui contraste avec l’image du préda­teur sexuel allégué peinte par la Couronne.

«On travaillait sur la ferme familiale de 250 moutons. Pendant la mise bas, mon frère se levait la nuit avec ma mère pour sauver les bébés moutons. Sans aide, les agneaux ont tendance à se laisser mourir», a raconté Isabelle Charest, au palais de justice de Saint-Jérôme.

La plus jeune sœur de Bertrand Charest a tenté de mettre de l’avant la douceur de l’accusé de 51 ans, lundi, en tant que premier témoin de la défense.

Selon ce qu’Isabelle Charest a pu constater, son frère «n’avait pas l’air très autoritaire» dans sa façon d’entraîner.

Isabelle Charest a témoigné lundi pour la défense de son frère Bertrand, accusé d’agression sexuelle sur 12 ex-skieuses qu’il dirigeait.
Photo agence qmi, martin alarie
Isabelle Charest a témoigné lundi pour la défense de son frère Bertrand, accusé d’agression sexuelle sur 12 ex-skieuses qu’il dirigeait.

Farceur

Au contraire, elle l’a décrit comme étant «très taquin».

«C’est quelqu’un qui aime faire réagir. Je pense qu’il veut nous amener à rire de nous-mêmes», a relaté Isabelle Charest.

Son frère n’aurait toutefois jamais ri de son apparence physique, a-t-elle dit.

Pendant le procès, plusieurs ex-skieuses ont rapporté avoir été la cible de commentaires désobligeants de la part de leur coach, tant sur le plan physique que sexuel. Certaines ont dit au juge Sylvain Lépine que Charest leur aurait donné des surnoms dégradants.

Frotter les fesses

Ayant elle-même fait de la compétition dans les années 1980-1990, Isabelle Charest a expliqué qu’il était de coutume que les coachs frottent les cuisses et les fesses des skieuses avant une course. «L’entraîneur nous échauffe pour nous préparer à descendre», a-t-elle souligné, précisant que les mœurs ont changé depuis.

En 1995-1996, Isabelle Charest a côtoyé les skieuses de l’équipe d’élite des Laurentides que dirigeait son frère. Elle n’aurait rien constaté de déplacé, d’après son témoignage.

L’ambiance était «joviale dans la van», et tout le monde riait beaucoup, a-t-elle précisé. Des skieuses qui ont témoigné la semaine dernière ont décrit ladite «van» comme un lieu où se seraient produits certains contacts sexuels allégués.

Bertrand Charest fait face à 57 chefs d’agression sexuelle et de contacts sexuels alors qu’il était en position d’autorité, à l’égard de 12 skieuses âgées de 12 à 19 ans.

L’accusé de 51 ans ne témoignera vraisemblablement pas pour sa défense.