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Le Québec dans le mur

Gabriel Nadeau-Dubois
Photo Ben Pelosse

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Un sondage paru samedi dans Le Devoir indique que Québec solidaire, gonflé par la présence de Gabriel Nadeau-Dubois, recueille l’appui de 14 % des Québécois, un gain de 4 %. QS aura, à l’évidence, le vent dans les voiles avec le couple médiatique spectaculaire que forment Manon Massé et GND.

Tenons pour acquis que tous les insatisfaits qui ont le cœur à gauche du spectre politique québécois n’ont pas nécessairement lu le programme de QS.

J’ai donc fait l’exercice de relire le programme de QS. Surprise! Ce programme est devenu un texte où les irritants trop visibles ont été retirés.

Par exemple, il n’est plus question de la prise en charge par l’État des moyens de communication, la télévision en premier chef. Dans un passé récent, il était précisé que les chaînes de télévision devaient offrir une information à caractère pédagogique et des divertissements de qualité. On comprenait que ce type d’information et de divertissements serait défini par l’État.

Doctrinaire

Le programme actuel donc a été conçu par des doctrinaires plus habiles, mais tout aussi indigents intellectuellement. Entre la nationalisation des banques, celle de l’industrie fores­tière, de l’industrie minière, une «tolérance» des PME, l’application systématique de l’idéologie féministe dans toutes les activités sociales, la semaine de travail de 32 heures, le droit de vote pour les immigrants après seulement deux ans de séjour au Québec, la lutte contre le patriarcat, la lutte contre l’hétéronormativité et la formation de personnel pour mettre en place des politiques contre l’homophobie, la transphobie, l’hétérosexisme, l’intersexophobie dans les organismes publics et parapublics, la prise en charge par l’État donne le tournis.

Et, bien sûr, pas un mot sur le coût de ces extravagances, délirantes dans plusieurs cas.

Voter QS – que cela se sache –, c’est aussi voter pour un État québécois matriarcal et autoritaire. C’est voter pour un mélange de concepts sociologiques, de lieux communs à saveur religieuse, d’idées qui ont été fracassées lors de la chute du mur de Berlin.

Vision réactionnaire

QS, c’est une vision qui nous ramène à une époque où Staline, Mao, Castro et leurs émules entraînaient leurs peuples à la débâcle. C’est un dynamitage de la social-démocratie telle que nous la vivons au Québec et qui a assuré à ce jour notre progrès collectif, notre sécurité personnelle et malgré toutes les réser­ves, notre bien-être relatif.

QS ne peut pas prendre le pouvoir, certes. À ce jour, dans l’opposition, ses porte-parole ont joué un rôle utile et nécessaire, mais ils n’ont jamais été confrontés par rapport au contenu de leur programme gouvernemental d’extrême gauche. Ils ont bénéficié, Françoise David en particulier, d’une cote d’affection populaire.

Mais les médias ne doivent plus «oublier» désormais d’interroger les dirigeants sur ce champ de ruines que serait le Québec solidaire au pouvoir si l’on se fie à son programme. QS risque d’obtenir la balance du pouvoir en 2018, alors qu’agonise le PQ et que se démantèle la CAQ faute de candidats sérieux.

Philippe Couillard doit beaucoup aimer ce QS.