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Où sont passés les coureurs des bois?

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Mercredi dernier, toutes les écoles étaient fermées à cause de la tempête.

Toutes? Non: un établissement scolaire a décidé de ne pas fermer ses portes – Education Plus, une école privée anglaise de Ville Saint-Laurent.

FORGER UN CARACTÈRE FORT

«L’école, ça sert bien plus qu’à apprendre les mathématiques ou l’histoire, a expliqué James Watts, le directeur de l’école, à Louise Leduc, de La Presse. Ça sert aussi à se forger un caractère fort, à apprendre à être courageux, déterminé, tenace.

«Si nous voulons que les élèves deviennent de vrais leaders, des entrepreneurs qui savent prendre des risques, il faut leur montrer à surmonter les obstacles qui se dressent sur leur chemin...»

Non seulement le directeur (qui a gardé son école ouverte même pendant la crise du verglas) est-il allé au travail en skis de fond, mais 75 % des élèves ont décidé de se pointer à l’école. Même s’ils n’étaient pas obligés d’y aller.

Oui, je sais, c’est peut-être exagéré. Après tout, c’était une sacrée tempête.

Mais avouez que ça fait quand même du bien d’entendre un tel discours à notre époque hyper maternante où les enfants sont élevés dans du papier bulle et où une armée de psychologues débarque dès qu’un élève en pousse un autre dans la cour de récré.

Loin de moi l’idée de revenir au «bon vieux temps» où les profs se comportaient comme le sergent instructeur cinglé dans Full Metal Jacket, de Stanley Kubrick.

Mais entre ça et les profs «Passe-Partout», je suis sûr qu’il existe un juste milieu.

PROTÉGEZ-MOI DES BOURRASQUES !

C’est rendu, maintenant, que les universités (qui sont censées être des lieux où les étudiants apprennent à débattre et à confronter leurs idées) sont équipées de «zones sécuritaires» destinées à protéger les futurs leaders de la société des «méchantes personnes» qui ne pensent pas comme eux.

Dans ces «zones», vous ne rencontrez que des adeptes de la gauche gnangnan multiculturelle.

Comme à la cafétéria de Radio-Canada!

Habitués à bloquer les gens qui défendent des opinions différentes des leurs sur Facebook, et passant leur temps à lire des sites qui épousent leurs idées comme un gant, les jeunes perçoivent maintenant la moindre petite critique, même poliment formulée, comme une insulte épouvantable.

Tout doit être doux, lisse, satiné.

Confortable.

Une vie vécue à la température pièce.

À la moindre tempête idéologique, à la première intempérie intellectuelle, dès que la cage de leurs certitudes se fait un peu trop brasser, ces petites créatures fragiles se roulent en boule sous leur bureau et demandent l’intervention du recteur.

Désolé, mais ça ne fait pas des enfants forts!

LE PM KATIMAVIK

Au risque de passer pour un émule du doc Mailloux, je trouve qu’on aurait besoin de plus de gens comme monsieur Watts, au Québec.

Un peu plus d’aventuriers et de coureurs des bois, et un peu moins de chochottes qui se réfugient sous les jupes de l’État dès que le vent tourne.

«Le caractère est la vertu des temps difficiles», disait de Gaulle.

Malheureusement (ou heureusement, diraient certains), nous vivons dans des temps faciles.

Regardez qui dirige le pays, vous comprendrez tout...