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115 000 véhicules de plus sur les routes de Québec

Le parc automobile de la région a connu une forte croissance sur les deux rives du fleuve Saint-Laurent depuis 10 ans

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Un record de près de 777 000 véhicules immatriculés a été enregistré par la Société de l’assurance automobile du Québec au 31 décembre 2016, dans les régions administratives de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.

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Ne cherchez plus d’où vient le trafic dans la grande région de Québec. Plus de 115 000 véhicules se sont ajoutés sur les routes sur les deux rives du fleuve depuis 10 ans, révèlent les données les plus récentes de la SAAQ obtenues par Le Journal.

Cette croissance de 17,5 %, de 2007 à 2016, est nettement supérieure à la moyenne provinciale de 13,4 %. Un record de près de 777 000 véhicules immatriculés a été enregistré par la Société de l’assurance automobile du Québec au 31 décembre 2016, dans les régions administratives de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.

Ce chiffre, extrait d’une banque de données, comprend uniquement les automobiles et les camions légers (VUS, camionnettes et fourgonnettes) dans les catégories «promenade», puis «institutionnel, professionnel et commercial». Ces véhicules sont les plus susceptibles d’envahir nos routes matin et soir et de contribuer à la congestion 12 mois par année.

Précisons que le territoire des deux régions administratives s’étend cependant bien au-delà de Québec et de Lévis. Il comprend aussi une quinzaine de MRC qui regroupent notamment les résidents de Charlevoix, de la Beauce, de Lotbinière, de Bellechasse et des Etchemins.

En pourcentage, la Capitale-Nationale arrive au 3e rang des plus fortes croissances sur 17 régions, derrière Lanaudière et les Laurentides. En chiffre absolu, elle grimpe au 2e échelon. Seule la Montérégie a connu une hausse supérieure du nombre de véhicules en circulation depuis 10 ans.

Deux visions s’affrontent

Ce nouveau portrait actualisé, qui risque d’alimenter le débat sur le troisième lien Québec-Lévis, donne ironiquement autant de munitions aux partisans du pour que du contre. Le député caquiste Éric Caire, ardent défenseur du projet, croit que ces chiffres justifient plus que jamais sa réalisation.

«Ça ne me surprend pas. Ça donne du poids aux arguments de la CAQ, à savoir qu’on doit repenser le transport à Québec dans une perspective de 50 ans, donc oui à un troisième lien, mais oui aussi à une mise à jour majeure de toutes nos infrastructures routières. Les échanges interrives vont s’amplifier», a-t-il réagi.

Un « échec » d’aménagement

Alexandre Turgeon, du Conseil régional de l’environnement, y voit plutôt une illustration désolante de l’étalement urbain observé dans la dernière décennie. «C’est un méchant échec en matière d’aménagement du territoire dans l’agglomération de Québec», a-t-il commenté, invitant à la prudence dans l’interprétation des chiffres.

«Il y a de plus en plus de baby-boomers qui prennent leur retraite et qui ne voyagent plus aux heures de pointe tout en gardant leurs voitures immatriculées. Il y a des ménages aussi qui ont plus d’argent et qui peuvent avoir, parfois, trois autos dans le garage. Ça ne veut pas nécessairement dire qu’il y a plus d’autos sur nos routes», a-t-il nuancé.

Rythme moins soutenu depuis 5 ans

En décortiquant les statistiques des 10 dernières années, on s’aperçoit aussi que le parc automobile a crû beaucoup plus rapidement de 2007 à 2011 que de 2012 à 2016. À titre d’exemple, le nombre de véhicules de promenade a augmenté de 9,7 % dans la première moitié de cette décennie dans la Capitale-Nationale contre 5,2 % dans la deuxième moitié.

De 2015 à 2016, le parc automobile de la grande région de Québec a augmenté au même rythme que celui de l’ensemble de la province (+1,6 %). Par ailleurs, la voiture (berline, coupé, etc.) poursuit son lent déclin au Québec depuis 2010 (-3 %), alors que le nombre de camions légers a littéralement explosé (+61 %).

Autos et camions légers en circulation

Capitale-Nationale

  • Promenade : de 359 545 à 421 215 véhicules
  • Institutionnel et commercial : de 34 802 à 51 214 véhicules
  • Sous-total : de 394 347 à 472 429 : + 78 082 véhicules (+19,8 %)


Chaudière-Appalaches

  • Promenade : de 242 945 à 278 590 véhicules
  • Institutionnel et commercial : de 23 834 à 25 747 véhicules
  • Sous-total : de 266 779 à 304 337 : + 37 558 véhicules (+14,1 %)
  • Grand total sur 10 ans : + 115 640 véhicules (+17,5 %)

Sources : Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) et Banque de données des statistiques officielles sur le Québec (BDSO)

Hausse de 39 % en 7 ans – La motocyclette gagne en popularité

Boudée pendant quelques années à la suite de la hausse draconienne des coûts d’immatriculation, la motocyclette a repris du poil de la bête au Québec. Le nombre d’engins à deux ou trois roues a connu une croissance de 39 % en 7 ans.

Le creux de la vague a été atteint en 2010. On dénombrait alors un peu moins de 127 000 motocyclettes immatriculées dans toute la province. Les années sombres sont toutefois chose du passé et les ventes ne cessent d’augmenter. À la fin de l’année 2016, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) comptait plus de 176 000 motocyclettes immatriculées dans ses registres.

Dans la région de Québec, le même regain de popularité a été observé. On constate des hausses de 35 % dans la Capitale-Nationale depuis 2010 et 54 % en Chaudière-Appalaches. Le parc régional totalise aujourd’hui 28 000 motos.

Engouement senti

«On vend des motos en plein hiver. L’engouement, on le sent. Tranquillement, les gens se sont habitués à payer plus cher pour une plaque de moto, mais ils se sont aussi tournés vers d’autres modèles avec des plaques plus raisonnables. On entend souvent les gens sur le plancher dire qu’ils ne veulent pas payer la “grosse plaque”», confie Michel Paradis, propriétaire de SM Sport sur le boulevard Valcartier à Québec.

La «grosse plaque», c’est celle de plus de 1300 $ pour la moto sportive jugée «à risque» par la SAAQ. Pour tous les autres types de motos, les prix varient aujourd’hui entre 246 $ et 575 $.

«Le phénomène revient. Moi, j’ai augmenté mes commandes de 38 % auprès de Suzuki et de Yamaha cette année, témoigne Martin Ratté, copropriétaire de Pro Performance à Boischatel. Les gens font le calcul. Ils peuvent avoir une très belle machine flambant neuve pour 6000 $. Ce n’est pas très cher. On voit aussi une recrudescence dans les écoles de conduite.»

Plus de femmes et de retraités

«Ce sont de très belles années. On voit aussi de plus en plus de femmes qui s’initient à la moto. On a eu un salon record à Montréal cette année», confirme Bianca Kennedy, qui dirige les salons de la moto de Québec et de Montréal.

L’engouement est «notable», observe aussi le directeur général de la Fédération motocycliste du Québec, Jean-Pierre Fréchette.

«On est heureux de voir cette croissance-là, les fabricants le sont certainement aussi de leur côté. Mais la croissance n’est pas égale pour chaque secteur», remarque-t-il. Selon lui, les «baby-boomers qui ont toujours rêvé d’avoir une moto» sont de plus en plus nombreux à se lancer.