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Legault craint que la SQ soit une «police politique»

François Legault craint une «police politique».
Photo Simon Clark François Legault craint une «police politique».

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Les révélations sur «l’immunité diplomatique» dont auraient bénéficié des élus sous Jean Charest font craindre à François Legault que la Sûreté du Québec protège le gouvernement libéral actuel.

«On peut utiliser des gros mots et se demander, effectivement : est-ce qu’on a une police politique au Québec ? Je pense qu’on est en droit de se poser cette question-là», a lancé le chef de la CAQ lors d’une mêlée de presse mercredi.

Un affidavit signé par le lieutenant Patrick Duclos dans le cadre d’une enquête sur des fuites journalistiques a révélé que des ministres ont été protégés lors de l’enquête Diligence en 2009, qui visait à faire la lumière sur l’infiltration du crime organisé dans l’économie légale.

Le premier ministre, Philippe Couillard, a beau affirmer que le principe d’immunité pour les élus n’a «jamais existé», François Legault n’est pas convaincu.

«C’est clair, quand on lit l’affidavit, qu’il y a des gens à la SQ qui sentent qu’ils doivent faire attention, qu’ils doivent garder confidentielles les informations lorsqu’il s’agit d’élus», dit le chef de la CAQ.

«Un deal?»

François Legault a même remis en question la probité du directeur de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, nommé par le gouvernement Couillard. «On ne le sait pas : est-ce qu’on a eu un ‘deal’ entre monsieur Prud’homme pis le gouvernement libéral ? On ne le sait pas», a-t-il soutenu.

«Donc, avec les révélations qu’on a concernant les informations qui étaient passées de la SQ à Jacques Dupuis, on est en droit de se demander : est-ce que monsieur Prud’homme, est-ce que les DG des différents corps de policiers sont vraiment indépendants du gouvernement libéral?», a-t-il poursuivi.

Pour éviter toutes apparences de partialité, François Legault a réitéré la proposition de la CAQ de nommer le directeur général de la SQ par un vote aux deux tiers de l’Assemblée nationale. «Ça lui donnerait une légitimité pour prendre ses distances du gouvernement», estime-t-il. Idem pour le commissaire de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière.

«Aucun sens»

«Voyons donc!», a lancé le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, en entendant les allégations de «deal» entre Martin Prud’homme et le gouvernement libéral. «Le premier ministre et moi-même, dès vendredi, on a dit qu’une telle chose ne peut exister et n’existe pas, pour la simple et bonne raison que les membres du gouvernement ne sont pas plus au-dessus des lois que quiconque», a-t-il commenté.

«Monsieur Legault dit beaucoup de choses et il dit beaucoup de choses qui, par rapport à ce dont on parle dans le moment, n’ont aucun sens», a ajouté Martin Coiteux.

Ex-lieutenant de la Sûreté du Québec, le député libéral Robert Poëti rejette aussi ces allégations du revers de la main. «Je n’ai jamais entendu ça, assure-t-il. Je n’ai jamais été dans une position pour être près d’une décision comme celle-là. C’est la première fois que j’entends une chose comme celle-là.»