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2001 - L’Amérique terrorisée

Après l’effondrement des tours du World Trade Center, la scène avait quelque chose d’apocalyptique.
Photo d'archives Après l’effondrement des tours du World Trade Center, la scène avait quelque chose d’apocalyptique.

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Avec l’effondrement des tours du World Trade Center (WTC), le 11 septembre 2001, c’est toute notre façon de vivre qui a été changée.

Le but du terrorisme, c’est de terroriser et ce jour-là plus que tout autre, la population du monde entier a constaté que l’horreur pouvait frapper n’importe où. C’est d’ailleurs à partir de ce moment que les attaques terroristes se sont multipliées partout dans le monde et qu’aucun pays ou presque n’a été épargné par ces crimes contre l’humanité.

Le WTC avait déjà fait l’objet d’un attentat terroriste en 1993, lorsque des explosifs placés sous l’une des deux tours avaient fait six morts et un millier de blessés. Au terme de l’enquête et des procès qui durèrent trois ans, six hommes furent condamnés. Les mesures d’évacuation du WTC furent améliorées et la sécurité renforcée.

À des kilomètres à la ronde, on pouvait voir la blessure infligée à New York.
Photo d'archives
À des kilomètres à la ronde, on pouvait voir la blessure infligée à New York.

Encore l’horreur

Tout le monde connaît l’adage voulant que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit... Le 11 septembre 2001, la foudre frappa pourtant de nouveau le WTC, plus fort et plus violem­ment que la première fois.

Une vingtaine de membres d’Al-Qaida, une organisation terroriste islamiste dirigée par Oussama ben Laden, détournèrent quatre avions de ligne et les dirigèrent vers des édifices symboliques des États-Unis.

Entre 8 h et 10 h du matin, deux d’entre eux s’écrasèrent sur les deux tours, un troisième fit de même sur une aile du Pentagone et le dernier termina dans un champ en Pennsylvanie, lorsque les passagers réussirent à maîtriser les pirates de l’air. Cet avion avait possiblement pour cible la Maison-Blanche.

L’attentat a fait près de 3000 morts et plus de 6000 blessés.
Photo d'archives
L’attentat a fait près de 3000 morts et plus de 6000 blessés.

Dans l’espoir de retrouver des survivants, les secouristes fouillèrent pendant des jours l’immense tombeau de béton et de métal qui défigura à jamais la ville de New York dans l’espoir de retrouver des survivants,

Le bilan humain de l’attentat s’éleva à 2977 victimes, près de 6300 blessés et 19 terroristes tués.

Nombreux changements

À la suite de ce drame, les États-Unis se lancèrent dans une chasse aux terroristes sans précédent. Dès le mois d’octobre 2001, une coalition envahit l’Afghanistan. En 2003, ce fut au tour de l’Irak. Sans compter l’adoption de lois de plus en plus restrictives sur l’immigration et les mesures de sécurité croissantes aux frontières et dans les aéroports du monde entier.

Dans une entrevue récente donnée à Radio-Canada, 15 ans après le drame, un expert de la Chaire Raoul Dandurand de l’UQAM, Charles David, soulignait que le monde avait changé du tout au tout à compter de cette date : « Personne ne parlait de sécurité intérieure avant 2001. Et pourtant, il y avait également eu des attentats dans les années 1970, 1980 et 1990 ».

Mais même si de nombreuses mesures ont été prises, les attaques terroristes ont atteint une ampleur inégalée depuis le début du 21e siècle. Selon M. David, elles ont été de l’ordre de 60 000 et ont fait plus de 140 000 morts entre 2000 et 2014.

Un Sommet plutôt dérangeant

Après l’effondrement des tours du World Trade Center, la scène avait quelque chose d’apocalyptique.
Photo d'archives

L’événement de l’année pour la ville de Québec fut sans contredit le Sommet des Amériques du 20 au 22 avril 2001. Non pas pour les ententes qui y furent signées, mais plutôt pour les affrontements qui se déroulèrent entre les manifestants antimondialistes et les forces de l’ordre.

Le Sommet réunissait 34 chefs d’État dans la foulée des pourparlers entrepris en 1994 à Miami et visant à créer une Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) avant 2005. En parallèle à cette rencontre, un Sommet des peuples avait été organisé lui aussi à Québec et devait rassembler des milliers d’opposants à la ZLÉA.

Un périmètre clôturé de quatre kilomètres avait été érigé autour du centre des congrès, interdisant l’accès au secteur à tout non résident qui n’était pas muni d’un laissez-passer. La Sûreté du Québec, la GRC, la police de Québec et celle de Sainte-Foy assuraient la sécurité, appuyées au besoin par l’armée qui se tenait à disposition.

Après l’effondrement des tours du World Trade Center, la scène avait quelque chose d’apocalyptique.
Photo d'archives

Pacifistes et anarchistes

Après un vendredi plutôt tranquille malgré quelques échauffourées, les choses se corsèrent le lendemain. Une marche pacifique de protestation contre la ZLÉA se déroula dans la basse-ville et les quelque 40 000 manifestants défilèrent dans le calme.

Par contre dans la haute-ville, de violents affrontements opposèrent aux policiers les membres d’un groupe d’anarchistes, le Black Bloc, et ses nombreux partisans. Ils furent environ un millier à tenter de franchir les barrières.

Pendant plusieurs heures, des projectiles furent lancés de part et d’autre. Pierres, briques, balles de golf et cocktails Molotov du côté des manifestants, bombes lacrymogènes, balles de plastique et utilisation de canons à eau chez les policiers.

Le dimanche, tout ce beau monde quitta Québec en laissant un bilan peu reluisant du Sommet des Amériques. Sur le plan officiel, la ZLÉA ne fut pas entérinée et rien ne laisse supposer qu’elle le sera dans un proche avenir. Par ailleurs, la facture de la sécurité pendant la fin de semaine s’éleva à quelque 100 millions de dollars, selon le ministre de la Sécurité publique d’alors, M. Serge Ménard.

Pendant les trois jours, il y eut au total plus de 400 arrestations et environ 200 blessés, sans oublier qu’une vingtaine de commerces subirent des dommages.