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«Les passages secrets»: le spectacle striptease de Louis-Jean Cormier

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MONTRÉAL – Malgré une popularité capable de remplir le Métropolis, Louis-Jean Cormier a préféré les petites salles du Québec – dont le Fairmount vendredi et samedi – pour donner accès à ses passages secrets. L’envie le tenaillait de se rapprocher du public, pris lui aussi du même élan vendredi.

Le Septilien n’était pas là pour défendre un troisième album solo ni ne portait sur ses épaules autre pression que celle de se retrouver seul sur scène avec ses guitares électrique et acoustique. «Je me sens nu, a-t-il lâché pour nous présenter son «spectacle striptease» et les versions «déshabillées de chansons tant aimées. Mais je veux que tu saches que je me sens bien avec toi ce soir. Je me sens bien nu avec toi ce soir».

Ce ton moqueur a d’ailleurs dominé le tour de chants, amorcé sur L’ascenseur.

Le théâtre a très bien servi d’écrin à la formule blues-rock sur la route depuis septembre et vécue comme un accès direct aux voix intérieures du chanteur de 36 ans.

Massé en demi-lune autour de celui-ci, certains même assis par terre devant la scène, on semblait se recueillir sur Bull’s eye, puis sur Si tu reviens, lorsque notre hôte s’est interrompu pour nous rappeler à l’ordre – «tu te retiens Montréal» – et nous commander d’entonner le refrain avec lui. La salle a continué de se dégourdir pour venir battre la cadence des mains sur une Faire semblant à la fois blues et rock pesant, sans toutefois trop se faire entendre sur les paroles. De crainte aurait-on dit de les étouffer.

Les contrastes

Les blagues et les envolées électriques à la fin des pièces et dont on sait notre homme capable ont donné lieu à un habile va-et-vient entre les univers contrastés du rassembleur Treizième étage (2012) et les amours tourmentés au son folk des Grandes artères (2015).

Pas de section de cuivres ni de choristes, mais une foule pour poser sa voix sur Tout le monde en même temps, alors que celui qui mène sa carrière solo depuis 2012 lui en avait lancé le défi, lui faisant savoir que «la barre était vraiment basse...»

L’ancien meneur de Karkwa avait aussi prévu un clin d’œil à la formation dont il n’exclut pas un retour avec Le Pyromane et Moi-Léger, toutes deux tirées des Chemins de verre (2010), et qui allait se faire entendre dans le dernier droit.

L’avenue empruntée par l’animateur de Microphone aurait pu s’avérer hasardeuse, mais elle a débouché sur des moments de communion avec l’assistance, de mèche tout au long d’un circuit simple, planant et franchement hilarant. Ce qui n’est pas une mince affaire dans le contexte d’un spectacle en solo.